
Les réserves de change de la BEAC ont fortement reculé en l’espace de deux mois, passant à 6 667,58 milliards FCFA, soit un effondrement d’environ 1 000 milliards FCFA selon les rapports publiés récemment. En cause, des failles dans le rapatriement et la rétrocession des devises par les banques et sociétés de transfert d’argent, ainsi qu’un relâchement de la banque centrale dans l’application de la réglementation des changes.
Les dernières statistiques révèlent une dégringolade alarmante des réserves de change au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Selon les informations rapportées par l’Agence gabonaise de presse, ces réserves ont chuté à 6 667,58 milliards de FCFA, enregistrant une perte de près de 1 000 milliards FCFA en seulement deux mois.
Cette baisse alarmante survient dans un contexte déjà tendu : l’offre de liquidité de la BEAC aux banques de la zone CEMAC a été réduite à 550 milliards FCFA, ajoutant une pression sur les établissements financiers en quête de capitaux.
Ce repli des réserves expose plusieurs vulnérabilités : une moindre capacité à défendre le franc CFA face aux chocs extérieurs, un risque de resserrement du crédit, ainsi qu’une réduction des marges manœuvre pour les Etats membres en matière de politique économique. La cause principale de cette contraction serait attribuée aux défaillances dans le rapatriement et la rétrocession des devises par les banques commerciales et les sociétés de transfert d’argent. De plus, un relâchement de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) quant à l’application de la réglementation sur les changes contribue à cette situation préoccupante.
Au cours des six mois précédents, les réserves de change avaient maintenu une position relativement stable au-dessus du seuil de 7 000 milliards FCFA. Elles avaient même atteint un pic de 7 511 milliards au 31 mars 2025, comparativement à 7 380 milliards au 30 avril. Ce niveau était équivalent à 4,81 mois d’importations de biens et services. D’après la BEAC, ce succès était soutenu par un rapatriement actif des devises, des revenus générés par la Salle des marchés, ainsi qu’une réévaluation des avoirs en or. À cette époque, le taux de couverture extérieure de la monnaie avait grimpé à 75,2 %, contre 72,2 % un an plus tôt.
Malgré ces chiffres encourageants, la tendance actuelle soulève de vives inquiétudes. Le média EcoMatin souligne qu’il s’agit d’une « première depuis la crise de 2016 » et indique que même si ce niveau est jugé soutenable par la BEAC, la situation reste préoccupante. Pour y remédier, l’institution a décidé de réduire son offre de liquidité aux banques de la zone CEMAC à 550 milliards FCFA, accentuant ainsi la pression sur les établissements financiers en quête de ressources.