
A l’issue d’une élection, organisée samedi dernier à Paris en France, Alexandra Sambo a été élue Miss Centrafrique-France. Elle est élue parmi 10 candidates, non seulement pour son projet, mais également pour sa beauté. Son projet porte sur la lutte contre la déperdition scolaire chez les filles et le décès des femmes durant l’accouchement.
Pendant la guerre civile de 2013, c’est en Eure-et-Loir d’Alexandra Sambo et sa famille trouve refuge. D’abord à Romilly-sur-Aigre, près de Cloyes-les-Trois-Rivières, puis à Châteaudun, où l’adolescente fait une partie de son collège et son lycée.
Après des études de comptabilité à Chartres, la jeune femme s’est lancée cette année dans un master en contrôle de gestion, à Rambouillet, tout en gardant un pied dans la cité carnute, chère à son cœur, où elle travaille en alternance pour l’entreprise Pharmaplan.

A en croire lechorepublicain, Alexandra Sambo raconte s’être s’inscrite au concours d’abord par amour des chalenges, mais aussi pour se rapprocher de sa culture « et de la communauté centrafricaine », indique la jeune femme. « À Chartres, on n’est pas nombreux, et j’ai très peu de copines centrafricaines », confie l’étudiante. « Le concours m’a beaucoup apporté de ce côté-là », assure-t-elle.
Mais l’élection n’est pas qu’un concours de beauté, elle permet surtout chaque année à une jeune femme de porter un projet humanitaire en lien avec la République Centrafricaine. Le projet d’Alexandra : améliorer la prise en charge des femmes enceinte en distribuant des kits de matériel stérile aux accoucheuses traditionnelles.
« La Centrafrique compte actuellement 19 gynécologues pour presque six millions d’habitants, explique Alexandra Sambo. On fait partie des pays qui ont le taux de mortalité pendant la grossesse le plus élevé. »
L’ancienne colonie française compte 882 décès maternels pour 100.000 naissances, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé, en 2015.Et pour cause, explique l’étudiante : « en province, beaucoup de femmes accouchent encore à la maison, toute seule, ou avec des accoucheuses traditionnelles ».
La jeune femme veut par la même occasion sensibiliser les Centrafricaines et les inciter à se rendre dans les hôpitaux pour être suivies. « Beaucoup de femmes n’y vont pas car elles n’en ont pas les moyens, développe-t-elle, alors même qu’il existe certains services gratuits. Il faut dire à ces femmes qu’il existe des aides dont elles peuvent bénéficier gratuitement. »
La moralité maternelle est une problématique qui touche particulièrement la jeune femme. En mai 2024, Alexandra Sambo perd sa tante, alors enceinte de neuf mois. « Elle n’avait pas été beaucoup suivie pendant sa grossesse. Après neuf mois, elle à essayer de se rendre à l’hôpital, mais personnes ne l’a pris en charge, ni ne lui a dit quoi faire. Elle a fini par partir. En rentrant chez elle, elle a perdu la vie, et son fœtus, par négligence des médecins », accuse Alexandra Sambo. « C’était son premier enfant et elle n’a jamais pu le rencontrer ».