
Pour juguler la déperdition scolaire chez les filles en République Centrafricaine (RCA), il est essentiel d’adresser les causes profondes socio-économiques, culturelles et liées aux crises, par des interventions ciblées impliquant à la fois les communautés, le gouvernement et les partenaires internationaux.
La République centrafricaine fait partie des pays où la scolarisation des filles reste encore un défi à relever et que beaucoup de mécanismes de suivi doivent être mis en place pour pouvoir veiller sur celles qui ont encore le courage de poursuivre les études.
Les filles sont majoritaires en Centrafrique, mais le taux de d’analphabétisme chez les filles est élevé contrairement au taux de scolarisation. Cela s’explique par l’abandon de l’école pour la plupart à cause de grossesse précoce ou le mariage forcé, le harcèlement de certaines en milieu scolaire et plusieurs autres facteurs qui sont la cause de la déperdition scolaire chez les filles.
Et pour réduire considérablement ce taux élevé d’analphabétisme en milieu féminin, le gouvernement centrafricain a instauré la politique de gratuité de scolarisation pour les filles dans les établissements publics depuis le fondamental 1 et 2.
Voici les causes principales de la déperdition scolaire des filles. Plusieurs facteurs contribuent à ce phénomène en RCA :
– Pauvreté des ménages : Les frais scolaires, même minimes (uniformes, livres, transport), peuvent représenter un obstacle. Les familles priorisent souvent l’éducation des garçons, ou comptent sur le travail domestique des filles.
– Mariages et grossesses précoces : Ces facteurs sont parmi les causes principales d’abandon scolaire chez les adolescentes.
– Facteurs culturels et sociaux : La perception de la faible valeur de l’éducation des filles par certains parents peut mener à un manque de soutien familial.
– Insécurité et conflits : Les crises et conflits récurrents ont un impact disproportionné sur l’éducation des filles, entraînant des déplacements et la destruction des infrastructures scolaires.
– Manque d’infrastructures sanitaires : L’absence de latrines adéquates et d’installations sanitaires pour gérer l’hygiène menstruelle dans les écoles peut dissuader les filles de fréquenter l’école pendant leurs règles.
Les mesures efficaces pour maintenir les filles à l’école incluent :
– Incitatifs économiques : Mettre en place des transferts monétaires ou en nature (kits scolaires, uniformes, produits d’hygiène menstruelle) pour alléger le fardeau financier des familles et les encourager à scolariser leurs filles.
– Sensibilisation et changement social : Mener des campagnes de sensibilisation communautaire et des cafés-débats pour changer les perceptions sur l’éducation des filles et promouvoir leur droit à l’éducation.
– Amélioration de l’environnement scolaire :
Assurer la sécurité autour des écoles pour prévenir les enlèvements et la violence.
Construire des installations sanitaires adaptées aux filles pour améliorer l’hygiène et réduire l’absentéisme lié aux menstruations.
Utiliser un langage inclusif dans les programmes scolaires.
– Soutien aux filles mères : Mettre en place des politiques qui permettent aux filles enceintes ou mères de réintégrer l’école après l’accouchement, sans stigmatisation.
– Programmes d’éducation accélérée : Proposer des programmes de rattrapage scolaire pour les jeunes filles ayant déjà abandonné l’école, afin de leur offrir une seconde chance.
– Renforcement du cadre juridique : Faire respecter les lois sur l’âge minimum du mariage pour prévenir les unions précoces et protéger les filles.
– Partenariats : Collaborer avec des organisations internationales (UNICEF, Banque mondiale, Partenariat mondial pour l’éducation, ONG locales) pour financer et mettre en œuvre ces initiatives.