RCA : un recensement général de la population pour mieux organiser la vie politique

La République centrafricaine (RCA) lance son quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH4), une opération d’envergure nationale attendue depuis plus de vingt ans. Cette opération, rendue possible par un décret présidentiel signé le 4 décembre 2025, se déroule du 8 au 26 décembre sur l’ensemble du territoire centrafricain. 

Pendant plus de deux semaines, des milliers d’agents vont sillonner tout le pays pour recueillir des données essentielles sur le nombre réel d’habitants, la composition des ménages, mais aussi les besoins en infrastructures, en santé, en éducation et en services sociaux. Ces chiffres auront une influence sur les politiques publiques et l’utilisation des ressources nationales. Une opération majeure attendue depuis 20 ans, qui a débuté avec des préparatifs en 2024 et s’est achevée en octobre 2025, visant à recueillir des données démographiques, économiques et sociales fiables avec un soutien international (Banque Mondiale, HCR, UNFPA) et l’utilisation de technologies digitales. Ce recensement, mis en œuvre par l’Institut Centrafricain des Statistiques (ICASEES), est crucial pour l’organisation des politiques publiques, car il n’a pas eu lieu depuis 2003. 

Blaise Bienvenu Ali a insisté sur la spécificité de ce quatrième recensement : pour la première fois, la collecte des données se fera de manière entièrement numérique. Les agents recenseurs, formés pendant deux semaines, seront équipés de tablettes afin de visiter chaque ménage et d’enregistrer les informations. « Ce ne sera plus le papier, mais une tablette qui sera utilisée », a-t-il précisé, soulignant l’importance de cette modernisation pour la fiabilité et la rapidité du traitement des données.

Dans son allocution, le Directeur Général a tenu à remercier la presse pour son rôle d’accompagnement tout au long du processus préparatoire. « De bout en bout, la presse était là, elle nous a accompagnés, même bien au-delà, à travers les publications et les articles », a-t-il déclaré. Il a rappelé que cette dernière ligne droite de 18 jours nécessitera encore la présence active des médias pour informer et sensibiliser la population.

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Le recensement, a rappelé le Directeur, n’est pas une enquête par échantillonnage mais une opération exhaustive visant à compter toutes les personnes vivant sur le territoire national, à l’exception des enclaves extraterritoriales comme les ambassades. Qu’il s’agisse de Centrafricains ou d’étrangers résidant dans le pays. Tchadiens, Libanais, Français, Américains tous seront recensés. « C’est la méthodologie appliquée partout dans le monde », a-t-il souligné.

Douze mille agents sont mobilisés pour mener cette opération, selon Blaise Bienvenu Ali. « Nous avons ouvert 92 centres. Bangui en a 11 et 81 centres sont répartis dans chacune des sous-préfectures, dans chaque chef-lieu des sous-préfectures. La statistique que nous faisons est un puissant moyen de gouvernance, un moyen pour permettre aux autorités de mieux organiser leurs politiques et programmes de société en tenant compte des réalités. »

Le coût de ce recensement général de la population est estimé à plus de 10 milliards de francs CFA, soit environ 15 millions d’euros. Il est financé par le gouvernement centrafricain, la Banque mondiale et les Nations unies.

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