
Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2026, Congo Boy marque une étape importante pour le cinéma d’Afrique centrale. Réalisé par Rafiki Fariala et tourné en République centrafricaine, ce film autobiographique raconte un parcours de survie, de résilience et d’espoir à travers le regard d’un jeune réfugié congolais confronté très tôt aux responsabilités de la vie.
Sur la Croisette, Congo Boy attire l’attention autant par son histoire que par les conditions dans lesquelles il a vu le jour. Dans un pays où l’industrie cinématographique demeure encore fragile, le long-métrage apparaît comme un symbole d’ambition et de persévérance pour toute une nouvelle génération de créateurs centrafricains.
Le film retrace une partie de la vie de Rafiki Fariala, artiste aux multiples talents, à la fois cinéaste et chanteur. Né en République démocratique du Congo avant de trouver refuge à Bangui, il a connu une adolescence marquée par la précarité et les responsabilités familiales. Après l’incarcération de ses parents, il s’est retrouvé à devoir s’occuper seul de ses frères et sœurs tout en poursuivant ses études.
Entre les cours au lycée, les petits travaux dans les rues de Bangui et son rêve de vivre de la musique, le jeune homme a dû apprendre à survivre dans un environnement difficile. Cette expérience personnelle nourrit aujourd’hui l’âme de Congo Boy, une œuvre profondément humaine qui évite les clichés misérabilistes pour privilégier la dignité et la force intérieure de son personnage principal.
À l’écran, le rôle inspiré du réalisateur est porté par le jeune acteur Bradley Fiomona Dembeasset, repéré dans un lycée de Bangui. Son interprétation donne au film une authenticité particulière, renforcée par une mise en scène proche du réel et ancrée dans le quotidien de la capitale centrafricaine.
Le projet a également bénéficié du soutien du réalisateur et producteur Boris Lojkine, connu pour L’Histoire de Souleymane, œuvre remarquée sur la migration et l’exil. À travers sa société Makongo Films, créée à Bangui avec les cinéastes Daniele Incalcaterra et Elvis Sabin Ngaibino, il accompagne le développement d’un cinéma encore peu structuré mais en pleine quête de visibilité internationale.
Au-delà de sa sélection à Cannes, Congo Boy représente surtout un signal encourageant pour la création audiovisuelle en République centrafricaine. Il témoigne de l’émergence progressive d’histoires africaines racontées par ceux qui les ont vécues, avec leurs réalités, leurs blessures, mais aussi leurs espoirs.
Dans un contexte où produire un film reste un véritable défi logistique et financier, la présence de Congo Boy dans l’un des plus grands festivals du monde ressemble déjà à une victoire pour le cinéma centrafricain.