Un vent de liberté et de démocratie souffle sur la Centrafrique. Une semaine après la demande du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) pour manifester contre un troisième mandat du président Faustin Archange Touadéra, le gouvernement a donné son feu vert pour la tenue de cette manifestation, prévue le 4 avril prochain, mais exige que les organisateurs assument eux-mêmes la sécurité de la manifestation.

Dans un souci d’apaisement, le ministère de l’Intérieur, chargé de la sécurité publique, a autorisé, au nom du gouvernement, cette marche dite « pacifique » du 4 avril 2025. Selon cette note, l’autorisation a été donnée « sur instructions du président de la République ». Toutefois, bien que cette manifestation soit désormais autorisée, les leaders du BRDC sont appelés à « prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter tout débordement ou dérapage susceptible de troubler l’ordre public ».
De son côté, la Minusca a exprimé sa disponibilité à assurer la sécurité de la marche, si une demande en ce sens lui est adressée.
« Nous continuons d’encourager les acteurs politiques à parvenir à un consensus et à mener des discussions constructives pour instaurer un climat apaisé en vue d’élections crédibles. Quant à la manifestation, si elle a lieu, la Minusca examinera les possibilités de la sécuriser, comme elle l’a déjà fait par le passé, mais toujours sans préjudice des responsabilités des forces nationales de sécurité intérieure », a déclaré Florence Marchal, porte-parole de la mission onusienne en République centrafricaine.
A en croire radiondekeluka, à quelques mois des élections prévues à la fin de l’année, le débat sur la possibilité d’un troisième mandat du président Touadéra s’intensifie, divisant davantage la classe politique. Le BRDC, farouchement opposé à cette perspective, persiste dans sa contestation. Mardi 18 mars, les leaders du BRDC ont annoncé pour le 4 avril, une marche pour s’opposer au projet de 3ème mandat du président Touadéra, pour dénoncer la cherté de la vie, la rareté de l’eau et de l’électricité et réclamer l’accès aux infrastructures sociales de base.
Le gouvernement avait dans un premier interdit cette marche en justifiant cette interdiction par la nécessité de maintenir l’ordre public dans un pays encore fragilisé par des conflits armés récurrents et des violences, en particulier dans le nord et l’est du pays. Les autorités craignent que cette manifestation ne dégénère en affrontements violents.
La situation politique en Centrafrique est particulièrement tendue depuis les récentes élections, entachées de soupçons de fraude. L’opposition accuse le gouvernement de verrouiller le débat public et d’entraver les libertés fondamentales. Le climat reste donc très polarisé à l’approche de la date de la manifestation.