Alex Junior Koyambaïtou : « Nous facilitons l’intégration des étudiants centrafricains en Tunisie »

Dans un entretien exclusif qu’il a accordé (par téléphone) à centrafriqueinfos, le président de l’Association des étudiants et stagiaires centrafricains de Tunisie explique les bienfaits de ce groupement, qui attend beaucoup des autorités centrafricaines. Il évoque par ailleurs les difficultés que les étudiants centrafricains rencontrent et il prodigue surtout de nombreux conseils à ces jeunes compatriotes qui aspirent à venir étudier en Tunisie.

Pouvez-vous nous présenter l’association  des étudiants centrafricains de Tunisie dont vous  assurez la présidence? 

L’association des étudiants et stagiaires centrafricains en Tunisie a été créée en 2011 par un groupe de plusieurs étudiants dont le leader était Mac-Arthur Deongane. De nos jours, notre association compte 200 membres étudiants et stagiaires qui sont répartis dans différentes villes comme Tunis, Sfax, Sousse, Bizerte, Monastir. Et tous ces étudiants sont sur la supervision d’un bureau exécutif qui est le bureau de l’AESCAT qui est composé du président, vice – président et secrétaire général, secrétaire général adjoint, chargé culturel et sportif, son adjoint, le chargé de l’information, son adjoint, notre trésorière général, son adjoint, le commissaire au compte et le responsable budgétaire. Notre objectif est de renforcer la solidarité entre les étudiants centrafricains, promouvoir la culture centrafricaine et faciliter l’intégration des étudiants en Tunisie.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les étudiants centrafricains en Tunisie?

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Il faudrait savoir que les étudiants centrafricains en Tunisie rencontrent énormément de problème tout d’abord sur le plan académique; nous faisons face à des problèmes linguistiques. Certains professeurs dans leurs cours prennent un malin plaisir à expliquer tout en arabe ce qui nous défavorise dans la compréhension de ces cours. Dans d’autres établissements, les étudiants n’arrivent pas à avoir accès à des stages. Ce qui constitue une barrière dans l’élaboration de leur projet de fin d’étude. Ensuite, sur le plan financier, nous faisons face à des difficultés à obtenir un travail d’étudiant (dans la loi Tunisienne il est interdit aux étudiants de travailler) sur le plan social, nous faisons face à des discriminations dans certains milieux comme par exemple l’accès au transport ou même dans des grandes surfaces comme des restaurants et supermarchés. Et sur le plan administratif, nous rencontrons des difficultés dans l’obtention des cartes de séjour. Les démarches sont souvent très longues et même lorsqu’on nous y arrivons, les policiers trouvent parfois une raison pour nous pénaliser.

face à cette situation, avez-vous des attentes particulières envers les autorités de votre pays…

Nous attendons beaucoup de nos autorités comme par exemple un soutien administratif et diplomatique. Nous espérons plus un soutien actif de l’ambassade et un accompagnement des étudiants déjà sur place et aussi un renforcement du lien avec la diaspora des étudiants comme un appui aux associations et enfin, nous aimerons un accompagnement à l’insertion professionnelle comme mettre en place un programme de retour, stage …

Quels sont les conseils que vous pourrez prodiguer aux jeunes centrafricains qui aspirent à venir étudier en Tunisie ?

Le conseil que je peux donner aux jeunes centrafricains qui aspirent venir en Tunisie est tout d’abord de bien choisir sa filière puis s’informer sur les universités et vérifier les accréditations des universités et bien préparer son dossier à l’avance, avoir un bon dossier scolaire et s’informer via les sites web des établissements et l’ambassade. Surtout ne pas oublier de se connecter aux anciens étudiants ayant parcouru la Tunisie et se connecter à notre association qui peut fournir des informations intéressantes. Enfin, se préparer mentalement et culturellement et être prêt à s’adapter, faire preuve de patience et de persévérance.

Les étudiants centrafricains sont-ils souvent victimes de xénophobie? Que fait votre association pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants?

Certains étudiants centrafricains sont parfois confrontés à des problèmes discriminatoires mais cependant cela n’est pas partout car de nombreux étudiants vivent une expérience positive. Ce que l’association fait pour faciliter l’intégration des nouveaux étudiants est les accueillir dès leur arrivée à l’aéroport ou bien en ville, les aider à rechercher leur logement et à s’installer. En cas de litige, nous les accompagnons pour pouvoir mieux les défendre aussi les soutenir moralement et psychologiquement et enfin organiser des rencontres interculturelles, culinaire et sportive pour pouvoir permettre leur intégration.

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