
Ousmane Dembélé a été sacré Ballon d’or, ce lundi 22 septembre 2025 à Paris. L’attaquant français (28 ans), qui à les origines maritaniennes (mère) et sénégalaises (père) est récompensé de son exceptionnelle année 2025, où il fut l’un des grands artisans du sacre du PSG en Ligue des champions. Une performance majuscule rendue possible par un travail personnel de longue haleine et une révolution de son approche du football, avec la complicité de son entourage et de son club, qui lui ont permis de tirer la quintessence de son potentiel.
« S’il est utilisé correctement, il pourrait devenir le meilleur joueur du monde. » Cette déclaration audacieuse de l’ancien entraîneur de Barcelone Xavi en 2021 contenait un sentiment qu’Ousmane Dembélé avait entendu tout au long de sa carrière.
Certains ont haussé les sourcils et beaucoup ont douté que le Français mercuriel soit un jour capable d’atteindre les sommets prédits pour lui après être devenu le deuxième joueur le plus cher du monde lorsqu’il a signé pour Barcelone en provenance du Borussia Dortmund dans le cadre d’un contrat d’une valeur de 135,5 millions de livres sterling en 2017.
Mais, après un parcours qui a connu de nombreux moments difficiles, alors qu’il luttait contre les blessures, l’incohérence et les questions sur son attitude, le joueur de 28 ans a finalement vu cette prophétie se réaliser après avoir remporté le Ballon d’Or – un prix dont il rêvait depuis longtemps.
Alors qu’il remerciait sa famille pour les sacrifices qu’elle a consentis pour l’aider à remporter la plus haute distinction masculine à Paris, Dembélé a fondu en larmes, signe des hauts et des bas qu’il a connus tout au long de sa carrière.
« Et Ousmane Ballon d’or », c’est avant tout l’histoire d’un incroyable talent, porté aux nues dès son plus jeune âge, auteur de débuts fracassants en Ligue 1 en 2015-16, à 18 ans avec le Stade Rennais, mais longtemps incapable de confirmer au plus haut niveau sur la durée. La faute, notamment, à quinze blessures, musculaires pour la plupart, qui ont freiné son ascension lorsqu’il évoluait au Barça (2017-23). Puis, grâce à une prise de conscience profonde, et un enchaînement de décisions collectives et efficaces, la fusée Dembélé, à plusieurs étages, a fini par décoller sans à-coups pour décrocher la lune.
Luis Enrique: « Un joueur différent »
La saison passée, l’international français (57 sélections, 7 buts) a inscrit 35 buts et offert 16 passes décisives toutes compétitions confondues. Il a aussi brillé grâce à son influence dans le jeu, en étant capable de permuter avec les milieux de terrain ou de conclure dans la surface de réparation. Il s’est également fait remarquer dans son rôle de premier maillon de la chaîne du pressing implacable devenu marque de fabrique du PSG de Luis Enrique, harcelant inlassablement les gardiens adverses sur chaque relance.
Sans être une personnalité médiatique hors norme, Dembélé jouit aussi d’une bonne image et est un modèle de fair-play sur le terrain, l’un des critères regardés par les votants, 100 journalistes de toutes nationalités. « Ousmane, Ballon d’or », avait chanté son entraîneur Luis Enrique en conférence de presse ce samedi. Un entraîneur qui n’a jamais caché sa détestation pour ce type de récompense mais qui a appris à adorer son attaquant. « Ousmane a toujours été un joueur différent, quel que soit son poste », déclarait-il au mois de février. « Il a toujours été capable de dribbler deux, trois ou quatre joueurs, de délivrer de nombreuses passes décisives, et de marquer des buts. »
Ce Ballon d’Or made in Dembélé, comme celui de Rodri l’an dernier plus encore, marque un tournant dans l’histoire récente de la récompense. Et même un retour aux sources. Le concours de beauté est terminé. Le « à toi, à moi » entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, c’est terminé. Le Ballon d’Or récompense à nouveau le meilleur joueur de la saison. Comme ce fut globalement le cas jusqu’à la fusion ratée avec la FIFA, en 2010. Il suffit de se pencher sur le palmarès, avant et après, pour s’en convaincre.