
La cheffe de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca), Valentine Rugwabiza, a plaidé le 28 octobre 2025 pour le maintien des effectifs actuels de la mission devant le Conseil de sécurité de l’ONU, citant la persistance de l’insécurité dans certaines parties du pays.
La Centrafrique était au menu d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ce mardi 28 octobre. Deux mois jour pour jour avant la tenue des élections locales, législatives et présidentielle et dans un contexte de coupes budgétaires imposées par les États-Unis au sein du système onusien, la plupart des membres ont plaidé pour le maintien des effectifs de la mission.
« Pour répondre aux contraintes budgétaires, nous avons déjà réduit de 15 % nos dépenses (…), causant des difficultés majeures pour remplir notre mission », alerte la cheffe de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), Valentine Rugwabiza.
Elle plaide pour un maintien de l’intégralité de ses effectifs, alors qu’un plan de réduction, qui pourrait supprimer plus d’un tiers du personnel, est actuellement sur la table du Conseil de sécurité.
Plusieurs facteurs expliquent cette position, à l’opposé des plans de réduction des effectifs envisagés par les Nations unies à l’échelle mondiale : Des milices, notamment la milice Zande dans le sud-est et des hommes armés venus du Soudan dans le nord-est, continuent de compromettre la stabilité et la sécurité du pays. La tenue des élections générales prévues en décembre 2025 pourrait être menacée par cette insécurité, d’autant que le financement nécessaire n’est pas encore entièrement assuré. La Minusca est mandatée pour fournir un soutien crucial à ce processus électoral.
Selon RFI, le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a lui-même écrit au Conseil pour plaider en faveur du maintien des effectifs. Son représentant auprès des Nations unies réitère que « la Minusca est un rare exemple d’une mission qui rétablit l’espoir. Réduire ses capacités, c’est affaiblir les fondements de la stabilité ».
« La mission ne doit pas devenir l’otage de la situation financière de l’ONU », abonde le représentant de la fédération de Russie. Un point de vue partagé par l’essentiel des membres du Conseil de sécurité des Nations unie. Bien que la mission ait contribué à des progrès significatifs dans la stabilisation du pays depuis son déploiement en 2014, le retrait prématuré d’une partie de ses effectifs pourrait anéantir les acquis en matière de protection des civils, de restauration de l’autorité de l’État et d’aide humanitaire.