Qui est Sani Yalo? le bienfaiteur du président Faustin-Archange Touadéra!

L’homme d’affaires Sani Yalo est un personnage incontournable de la scène politique centrafricaine. Le richissime ministre d’État à la présidence de la République centrafricaine est un soutien de poids au président Faustin-Archange Touadéra.

A sept mois de l’élection présidentielle en RCA, il ne fait pas de doute que Faustin-Archange Touadéra, poussé par ses militants et sympathisants, prépare sa réélection. Les militants de son parti, issus de toutes les couches sociales de populations, ont récolté 200 millions de Fcfa pour célébrer ses neuf ans au pouvoir. Le ministre d’État à la présidence Sani Yalo aurait donné à lui seul près d’un quart de cette somme.

Personnage mystérieux, car l’argent n’aime pas le bruit, comme dit l’adage,  Sani Yalo est un homme de confiance du président centrafricain. « Je suis en quelque sorte le bouclier du chef de l’État face à ses adversaires politiques. J’accepte de prendre tous les coups », explique le principal intéressé.

S’il est intervenu ces derniers mois sur le devant de la scène médiatique, accordant notamment une interview à Jeune Afrique,  Sani Yalo fuit habituellement la lumière des projecteurs, au point que dans les chancelleries occidentales, on le qualifie d’« homme de l’ombre » du président centrafricain.

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Sani Yalo, aujourd’hui âgé de 59 ans, c’est l’histoire d’un homme futé qui s’est construit au prix de nombreuses épreuves de la vie (il a notamment fait la prison). Il est le frère aîné de Danzoumi Amadou Yalo, un mécanicien automobile de profession comme leur papa Mahamat Yalo, qui fut notamment mécanicien de l’ex-chef d’Etat Jean Bedel Bokassa. Dans une République centrafricaine où jadis chrétien et musulmans cohabitaient en paix,  Sani Yalo qui est né le 10 mars 1966 dans une famille musulmane a fait ses études primaire à Bangui, puis dans un collège catholique à Bangassou avant de retourner dans la capitale en 1978, pour fréquenter le lycée des Martyrs.  

Sous la présidence de  Kolingba, il se signale en épousant la petite sœur de Jonathan Koué (neveu du président Kolingba). Il a profité de cette juteuse relation (beau-fils de la grande sœur président Kolingba, beau-frère à la direction de PETROCA) pour se tisser des relations au plus haut sommet de l’Etat.

Discret et mystérieux, il est pointé du doigt par certains, à tort ou à raison, comme le mouton noir de la République. D’autres, dépeignent le portrait d’un patriote travailleur et généreux, qui a su se construire un important patrimoine. En réalité, beaucoup parlent du personnage, mais très peu peuvent se targuer de réellement le connaître.

Sani Yalo doit son nom à la combinaison du patronyme de ses parents : qui signifie en langue haoussa « petit taureau ». Son géniteur Mahamat Yalo fut l’un des notables qui se vit attribuer par l’administrateur colonial de vastes lotissements dans le quartier musulman de Bangui. Raison pour laquelle jusqu’à ce jour, un des quartiers de la capitale centrafricaine porte toujours son nom.

Bien qu’issu d’une famille de confession musulmane, après des études primaires à Bangui, Sani Yalo passe par le petit séminaire catholique de Bangassou chez les prêtres.

Un ancien camarade de classe témoigne : « Depuis que nous sommes petits jusqu’à lors, la majorité de ses amis sont des chrétiens. Je crois que comparé à ses frères musulmans, je suis même plus au parfum de ses petits péchés mignons…  »

Ironise l’ami d’enfance, avant de poursuivre : «  Il n’est pas natif de Bangassou comme moi, mais il a étudié avec nous sans soucis. Nous sommes descendus à Bangui ensemble pour l’Université. On était tous frères, il n’existait aucune division entre chrétiens et musulmans à cette époque. »

Sani Yalo qui pourtant pratique l’islam, aura donc bénéficié d’une éducation chrétienne. Lorsqu’on l’interroge sur ce paradoxe, il déclare : « Il faut croire que les voies du Seigneur sont impénétrables.»

Sani Yalo à une fortune construite brique après brique. Considéré comme l’un des plus fortunés de la République, il s’est enrichi dans le secteur du transport. Ses amis d’enfance se souviennent d’un jeune homme qui a commencé avec peu.   « C’est l’oiseau qui petit à petit fait son nid. Sani a commencé devant nous au Kilomètres 5, en vendant dans son petit kiosque devant la maison familiale », rappelle Ousmane, influent commerçant du Pk5, poumon économique de la capitale. Une version confirmée par plusieurs opérateurs économiques de la zone, et notamment, par l’intéressé lui-même. 

«  Dans ma petite boutique, je vendais du sucre, de l’huile, des cigarettes…et avec mes bénéfices je faisais des économies. » Une épargne que le « jeune Sani » souhaite utiliser pour développer une autre affaire : le transport. Des économies certes, mais insuffisantes pour se lancer. Il se tourne alors vers la famille. 

«  Grâce à un coup de main de mon père et mon beau-frère, j’ai acheté un taxi. Avec le temps, j’en ai eu un autre. Puis j’ai économisé, comme avec mon kiosque. Ça m’a permis d’acheter un camion, et ensuite un autre…petit à petit, je me suis constitué une petite gamme de camions. »  C’est à travers cette activité de transport qu’il va diversifier ses activités.

Notamment, dans le commerce de café et d’hydrocarbures entre la Centrafrique, le Soudan, et la République Démocratique du Congo. Aujourd’hui à la tête d’une flotte de plus de 40 poids lourds, il est depuis 2016, le Président du Conseil d’Administration du Bureau d’Affrètement Routier Centrafricain (BARC).

Selon Sani Yalo, le BARC, créé le 27 avril 1946, est un outil de désenclavement de la République Centrafricaine et a pour mission de procéder à l’affrètement des véhicules de transport routier et des marchandises en qualité de commissionnaire en transport ; à l’enregistrement des offres et demandes des transports routiers et des marchandises en vue de leur publication pour l’information des opérateurs ; à l’application des accords bilatéraux et multilatéraux de transports routiers internationaux et sous régionaux ; à la gestion des gares routières, la collecte et le traitement statistique des transports routiers et à l’exploitation des transports postaux et des services de messagerie.

Un engagement politique 

Connu pour avoir traversé plusieurs régimes, de Patassé à Touadera en passant par Bozizé, Djotodia et Samba Panza, l’homme a su naviguer en bon comme en mauvais temps. Un diplomate africain en poste à Bangui confie : « J’ai échangé avec plusieurs politiques centrafricains. Sani Yalo est de ceux qui m’ont le plus marqué. Il maîtrise parfaitement le système et connaît bien les différents acteurs politiques du pays. On apprend beaucoup à travers lui. Il a une vraie maîtrise des dossiers concernant la RCA. Pour le diplomate que je suis, cela aide à avoir une meilleure lecture de la situation centrafricaine. »

A en croire certains médias, lorsqu’on évoque les raisons de son engagement, l’homme d’affaires se veut patriote : « J’aime mon pays, et je souhaite apporter ma contribution afin que nos populations profitent de ses multiples richesses…C’est aussi pour retrouver ce pays d’hospitalité, et de tolérance que j’ai connu dans mon jeune âge que je me suis lancé en politique. »  Ministre conseiller spécial du Président de la République, Faustin Archange Touadera (FAT), qu’il soutient bec et ongle depuis le premier tour de l’élection présidentielle 2015-2016.

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