RCA : l’ancien président François Bozizé bientôt face à la justice?

L‘ancien chef d’Etat centrafricain François Bozizé est sur le point d’être jugé par la Cour pénale spécial  dans le cadre de l’affaire « Bossémbélé ». Le dossier a été officiellement renvoyé devant la Chambre d’assises le 21 janvier 2026. L’instruction est désormais close.  François Bozizé et trois co-accusés (Eugène Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy) sont poursuivis pour crimes contre l’humanité (meurtres, tortures, disparitions forcées) commis entre 2009 et 2013, notamment au centre d’instruction militaire de Bossémbélé.

L’ancien président centrafricain François Bozizé se rapproche d’un rendez-vous judiciaire décisif. L’instruction vient de s’achever dans l’affaire dite de « Bossémbélé », ouverte devant la Cour pénale spéciale (CPS), marquant une étape clé vers un procès très attendu. Aux côtés de trois de ses principaux lieutenants — Eugène Barret Ngaïkoisset, Vianney Semdiro et Firmin Junior Danboy — il est poursuivi pour de graves violations des droits humains.

Les faits reprochés concernent des exactions commises entre 2009 et 2013 à Bossémbélé, Bouar et Bangui, impliquant la garde présidentielle et d’autres forces de sécurité de l’époque. Arrestations arbitraires, actes de torture et exécutions sommaires figurent au cœur du dossier.

Aujourd’hui en exil en Guinée-Bissau, François Bozizé fait l’objet d’efforts soutenus de la CPS pour obtenir son extradition. La CPS cherche activement à obtenir son extradition, bien qu’aucun accord formel n’existe encore entre les deux pays. Mais au-delà des arguments juridiques, la question reste éminemment politique. L’issue dépendra de la coopération des autorités bissau-guinéennes et des équilibres diplomatiques régionaux.

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Le procès est envisagé pour avril 2026. La date précise sera fixée après les « conférences de mise en état », une phase préparatoire entamée fin janvier.  Si son extradition échoue, la Cour pourrait décider de le juger en son absence (par contumace). Pour rappel, il a déjà été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité en septembre 2023 par la justice ordinaire centrafricaine pour d’autres faits de rébellion.

Les victimes, à l’exemple de Maximilien Proson, attendent beaucoup de cette future audience.

 » Il faut que lui-même soit jugé et condamné. Nous qui ne sommes rien, on est venu nous arrêter sans procédure pénale, on nous a transférés et incarcérés dans la prison de Bossembélé pendant une année et demie » rappelle-t-il.

Lors de cette arrestation Maximilien assure avoir perdu sa femme, son enfant et aussi son travail. « Jusque-là, ma vie n’est plus ce que j’ai eu à vivre auparavant » assure-t-il.

Francisco Ouilibona était commerçant devant le supermarché Rayan, en 2010. Il était soupçonné d’être un opposant et a été incarcéré, lui aussi, au centre de Bossembélé. 

« Dans mon procès-verbal, ils ont tenté de falsifier les faits, m’attribuant ainsi certains propos, alors que ces propos n’étaient pas les miens. J’ai refusé, disant que je ne voulais pas porter la croix de quelqu’un d’autre. Mais le substitut du procureur, Djoubaye Abazène, m’a condamné. J’ai fait de la prison pour rien. J’ai perdu mon capital et ma famille » raconte Francisco à la DW.

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