
La musique centrafricaine a un nouveau leader. Armand Touaboy a pris la tête de l’Union des Musiciens de Centrafrique, succédant à Daniel Ngarasso. Élu à l’unanimité, le nouveau président s’est engagé à relever les défis de la profession, en commençant par la création d’un siège pour l’UMC.
Après trois années de crise institutionnelle, les artistes centrafricains reprennent enfin le contrôle de leur organisation représentative. C’est dans un climat de réconciliation et d’espoir que s’est déroulée samedi dernier l’Assemblée Générale Élective de l’Union des Musiciens Centrafricains (UMC). Cette consultation, longtemps attendue par les artistes du pays, marque la fin d’une crise institutionnelle qui paralysait l’organisation depuis 2022.
Cette journée historique représente un nouveau départ après des années de turbulences. L’élection d’Armand Touaboy à la présidence de l’UMC constitue un tournant historique pour la musique centrafricaine. Accompagné d’une équipe qualifiée comprenant Kaïda TG comme vice-président, Chantal Bobo au secrétariat général, Armel Eka comme délégué aux affaires, Freddy Kopaya aux affaires sociales et Dany Mandaba-Bara Marwane à la communication, ce nouveau bureau incarne la volonté des artistes de reprendre leur destin en main.
Les artistes venus des différents arrondissements de Bangui ainsi que de certaines localités environnantes ont répondu massivement à l’appel. Sur un total de 172 bulletins déposés dans l’urne, 166 ont été valides. Le duel opposait deux figures du milieu musical centrafricain : Benjamin Ateba, premier candidat déclaré, et Armand Touaboye, sollicité par ses pairs pour porter la candidature.
Le verdict des urnes a été sans appel : Armand Touaboye a remporté 160 voix contre seulement 5 pour Benjamin Ateba tandis qu’un bulletin a été déclaré nul. Une victoire qui témoigne de l’adhésion quasi unanime des artistes à son projet de redynamisation de l’UMC. « Aujourd’hui, j’ai une joie immense pour la confiance que mes collaborateurs m’ont accordée. Je n’étais pas candidat au départ, ce sont mes frères artistes qui m’ont sollicité. Désormais, il nous revient de relever de grands défis pour redonner vie à l’UMC qui, depuis plusieurs années, n’existe pratiquement plus », a déclaré Armand Touaboye.
En effet, selon plusieurs médias locaux, depuis la démission de l’ancien président en 2022, après seulement deux mois de mandat, l’UMC fonctionnait sans bureau exécutif opérationnel. Cette longue période de vacances a fragilisé la structuration du secteur musical centrafricain, laissant les artistes sans cadre officiel pour défendre leurs intérêts et promouvoir la profession.
Le président élu a présenté une feuille de route claire pour relancer les activités de l’Union. La première urgence, selon lui, est d’installer un siège social digne de ce nom : « Dès la semaine prochaine, nous devons trouver un local, un véritable bureau où les artistes pourront venir rencontrer leurs dirigeants. Ce lieu sera aussi un espace de travail et de référence pour les médias et les partenaires », a-t-il affirmé.