RCA : comment la réhabilitation d’une route a changé la vie des populations

En Centrafrique, la circulation est désormais fluide entre les villes de Sibut et de Kaga Bandoro au centre-ouest du pays. Considérée comme l’une des principales voies de communication, elle est essentielle pour le commerce, l’agriculture et la libre circulation des biens et personnes.

Depuis plusieurs décennies, sa dégradation avancée constituait une entrave à la mise en œuvre des projets liés au développement. Grâce aux travaux de réhabilitation financés par la Banque mondiale, exécutés par la société Ger et le ministère des Travaux publics, cette route est devenue praticable, favorisant les échanges économiques

À la gare routière de Kaga Bandoro, camions et véhicules sont au point de départ. Concentré au volant de son bus de transport en commun, Laurent se dirige vers Bangui. « Avant, c’était un enfer de circuler sur cette route, explique-t-il. La localité était coupée des autres régions du pays. Commerçants et agriculteurs n’arrivaient pas à écouler leurs marchandises. Mais, aujourd’hui, cette réhabilitation est un ouf de soulagement. Le coût de la vie était élevé. Les camions s’embourbaient pendant des semaines. Il y avait beaucoup d’accidents mortels. Nos marchandises pourrissaient dans les greniers. Ces tracasseries n’existent plus. Le trajet qu’on faisait en cinq heures, nous le faisons aujourd’hui en 1h30 ».

A en croire Rfi, ces quinze dernières années, l’occupation de la localité par des rebelles empêchait la réhabilitation de ce tronçon. Les travaux ont été officiellement lancés vers la fin de l’année 2023, grâce au retour de la paix. Clément Inguissa, directeur général des études au ministère des Travaux publics, souligne : « Nous avons fait la mise en forme de la plateforme routière, tout ce qui est travaux d’assainissement et un certain nombre de rechargements de la couche de roulement aux endroits susceptibles de dégradation. Nous avons réalisé des fossés, curé des buses et posé de nouvelles buses. Les zones pour traverser ont également été remplacées par des ouvrages neufs. »

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« Le plus important c’est de pouvoir procéder à l’entretien »

Résultat : 155 kilomètres de route réhabilités pour améliorer l’accès à la sécurité, à la santé, à l’éducation, aux services administratifs et au développement économique. Francis Eric Ovanda Mbele, de la Banque mondiale, détaille : « Cette section a coûté à peu près 1,8 milliard de francs CFA [environ 2,7 millions d’euros, NDLR]. En mettant une couche de latérite tout le long, ça donne un niveau de service suffisant pour les usagers qui empruntent cette voie. Le point d’attention que nous avons soulevé avec le gouvernement et la coordination, c’est qu’au-delà de l’investissement qui est actuellement fait, le plus important c’est de pouvoir procéder à l’entretien. S’il y a un entretien annuel et courant en termes de contonnage, de bouchage de petits nids de poules, en termes de curage des points d’assainissement, c’est une route qui a une durée de vie de minimum cinq ans avant des interventions plus importantes. »

Dans les prochaines semaines, les travaux vont se poursuivent entre les villes de Ouadda et Birao, distantes de 290 kilomètres. Ce tronçon qui relie la République centrafricaine au Tchad et au Soudan n’avait pas été réhabilité depuis cinquante ans.

« Ces actions, adoptées au titre du programme d’action annuel 2009, reflètent l’engagement de l’UE à soutenir la République centrafricaine dans ses efforts de sortie de crise, de lutte contre la pauvreté et de développement », avait déclaré en son temps, Guy Samzun, Chef de la délégation de l’Union européenne en République Centrafricaine.

Dans le domaine de la gouvernance, la première action est le programme de « Réhabilitation des services de base et de renforcement des capacités des autorités locales » dans les pôles de développement financé à hauteur de 29,5 millions d’euros, soit près de 20 milliards de francs CFA. Ce programme multisectoriel d’appui à la décentralisation vise la relance économique d’une dizaine de pôles urbains secondaires. Il touchera près d’un tiers de la population de République Centrafricaine et a pour finalité d’accroître la participation de celle-ci à la définition du développement de leur région, au choix des interventions prioritaires et à leur gestion.

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