
La République centrafricaine s’est dotée d’un Plan stratégique multisectoriel de sécurité alimentaire et de nutrition 2025-2029. Ce document dont le fonds de mise en œuvre s’élève à 194,6 milliards de FCFA pour 5 ans, vise à réduire durablement la sous-alimentation dans le pays. Son adoption a eu lieu le mercredi 3 septembre 2025, lors d’une cérémonie officielle présidée par le Premier ministre, Félix Moloua.
Le gouvernement centrafricain et l’UNICEF ont validé ce mercredi le Plan stratégique de sécurité alimentaire et de nutrition. L’atelier a permis de présenter les axes prioritaires, le cadre de résultats, les mécanismes de mise en œuvre ainsi que le budget de ce programme multisectoriel visant à améliorer la situation nutritionnelle du pays. Ce plan s’articule autour de huit axes prioritaires visant à contribuer directement au Plan national de développement 2024-2028, notamment ses deux piliers, qui sont le capital humain et la résilience environnementale.
A en croire Oubangui media, ces axes portent sur le renforcement de la gouvernance, de la coordination multisectorielle et du plaidoyer en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) et des capacités institutionnelles pour assurer la protection sociale et la résilience des populations, l’accroissement de la disponibilité et de l’accès à des aliments diversifiés et à forte valeur nutritionnelle (haute densité énergétique, bio-fortifiés et fortifiés) pour un système alimentaire durable, le renforcement de la sécurité sanitaire des aliments, des interventions préventives et de la prise en charge de la malnutrition, la promotion de bonnes pratiques d’hygiène, d’assainissement, d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, ainsi que la communication multisectorielle en faveur de la SAN, enfin, le renforcement du système d’information, d’alerte précoce, de réponse aux urgences et de gestion des connaissances.
Le budget de ce plan est fixé à 194,6 milliards de FCFA, soit environ 324 millions de dollars US. Techniquement adopté en mars 2023, la cérémonie de ce jour marque surtout son appropriation politique et nationale. Pour le Mouvement pour le renforcement de la nutrition en Centrafrique, ce document représente un outil essentiel pour réduire la sous-alimentation. Son point focal, Brigitte Izamo, ministre conseillère juridique chargée de la bonne gouvernance et des droits de l’homme à la Primature, a appelé les autorités à investir dans cette politique et rappelé que sa mise en œuvre nécessite un financement conséquent.
Elle a précisé « le Plan stratégique multisectoriel est un document de portée politique comportant des axes stratégiques pour lutter contre la malnutrition. Selon les différentes enquêtes menées dans le pays, plus de 20 % de la population vit en situation d’insécurité alimentaire et de malnutrition. Cela touche particulièrement les enfants, les femmes allaitantes et les personnes à risque d’obésité. Si les enfants souffrent de malnutrition dès le bas âge, leur développement cognitif est compromis. Ils ne peuvent plus apprendre ni être productifs, ce qui impacte directement le capital humain. »
Du côté des partenaires, Félix Akébo, représentant de l’UNICEF, a salué un engagement fort et collectif pour un Centrafrique sans faim ni malnutrition. Il a toutefois rappelé l’urgence de la situation : « Selon l’enquête SMART réalisée en 2022, près de 38 % des enfants souffraient d’un retard de croissance. Plus de 2 millions de personnes, dont près d’un demi-million en situation d’urgence, sont confrontées à l’insécurité alimentaire. Ces chiffres traduisent des vies fragilisées et des générations en danger. Le Plan stratégique multisectoriel de sécurité alimentaire et de nutrition est une feuille de route ambitieuse, cohérente et multisectorielle. »