
Lors d’une conférence de presse à Bangui le 9 février, le ministre de la Communication, Maxime Balalou, a mis en garde la milice Azande Ani Kpi Gbe contre son recours aux armes, la qualifiant de rébellion contre l’État. Il a signalé que cette milice, désormais hors la loi, prend en otage les habitants du Haut-Mbomou, tout en affirmant que le gouvernement reste ouvert au dialogue.
Le gouvernement centrafricain a levé toute ambiguïté sur la nature de la milice Azandé Ani Kpi Gbé. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 9 février 2026 à Bangui, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a qualifié ce groupe armé de formation « à connotation politique clairement affirmée » et l’a officiellement déclaré hors-la-loi.
A en croire ndjonisango, par cette prise de position sans détour, l’exécutif estime que la question dépasse désormais le simple cadre de la sécurité locale pour s’inscrire dans un défi direct lancé à l’autorité de l’État. Depuis plusieurs mois, les débats autour de cette milice oscillaient entre revendications communautaires et soupçons d’agenda politique.
Pour le gouvernement, la ligne rouge est désormais franchie : aucun groupe armé structuré, évoluant en dehors du cadre légal et s’inscrivant dans une dynamique politique, ne peut prétendre à une quelconque légitimité.
Au-delà des mots, c’est le principe fondamental du monopole de la violence légitime qui est en jeu. Laisser prospérer des groupes armés à coloration politique, selon les autorités, reviendrait à consacrer une fragmentation dangereuse du pouvoir et à affaiblir les fondements mêmes de la République. « Une démocratie ne peut accepter que les armes deviennent un instrument d’influence politique », martèle l’exécutif.
Si le gouvernement reconnaît l’existence de facteurs profonds favorisant l’émergence de telles structures, notamment le sentiment d’abandon, l’insécurité persistante ou les tensions locales, il estime qu’aucune frustration, aussi légitime soit-elle, ne saurait justifier la militarisation de l’espace politique. Lorsque les armes entrent dans l’arène politique, avertit-il, le débat démocratique recule.