
Du 9 au 10 septembre, les six chefs d’État venus du Tchad, du Cameroun, de Centrafrique, du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée Équatoriale, ont tenu leur session extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) à Bangui. En clôture du sommet, le centrafricain Faustin-Archange Touadéra a passé le flambeau à son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso après deux ans passés à la tête de l’institution sous-régionale.
La capitale centrafricaine accueille depuis ce mercredi la 16ᵉ Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Après deux ans à la tête de la Cémac, le centrafricain Faustin-Archange Touadéra a passé le flambeau à son homologue congolais Denis Sassou-Nguesso. Ce sommet intervient dans un contexte où les pays de la Cémac se mettent en ordre de bataille pour l’intégration économique, la coopération sécuritaire, la fraternité sous-régionale et un avenir commun dans le concert des nations.
À l’ouverture des travaux, le Président en exercice de l’organisation, Faustin Archange Touadéra, a livré un discours dense, marqué par des appels au renforcement de l’intégration, à la vigilance économique et à la consolidation de la citoyenneté communautaire.
Le chef de l’État centrafricain a salué la réussite de la transition au Gabon et félicité son homologue Brice Clotaire Oligui Nguema, récemment élu à la magistrature suprême. Il a également évoqué les prochaines échéances électorales au Cameroun et en Centrafrique, insistant sur leur importance pour la stabilité sous-régionale.
« Ces mouvements de respiration démocratique sont déterminants pour la cohésion nationale et le raffermissement de l’intégration économique », a-t-il affirmé devant ses pairs.
Le Président de la conférence des Chefs d’Etats de la CEMAC en fin de mandat a reconnu les difficultés économiques liées aux fluctuations mondiales et à la dépendance aux matières premières. Avec une croissance régionale estimée à 2,9 % en 2024, insuffisante face aux besoins démographiques, il a rappelé les efforts entrepris, notamment avec l’appui de la Banque mondiale et du FMI, pour stabiliser les économies de la sous-région.
Dans son discours, il a souligné des avancées concrètes pour l’intégration. Parmi les progrès réalisés sous sa présidence, le dirigeant centrafricain a mis en avant la redynamisation des politiques communes, la modernisation du système bancaire, la fluidification progressive de la libre circulation, l’interconnexion des infrastructures régionales.
« Notre sous-région Cémac est une terre d’opportunité qui peut aider le monde à renouer avec la croissance. Le monde a besoin d’une dynamique de croissance pour prendre à bras le corps les multiples défis à relever : le chômage, le déficit budgétaire, la dette, la pauvreté, le changement climatique. Les pays de la Cémac ont des ressources minières et naturelles abondantes pour jouer un rôle vital dans la dynamique de croissance dont l’économie mondiale a besoin aujourd’hui », a assuré le président centrafricain.
L’organisation annonce également la mise en place d’un mécanisme efficace pour favoriser la libre circulation des personnes et des biens ainsi l’intégration sous-régionale. « Je peux vous assurer que nous nous sommes engagés en politique sur le thème du panafricanisme, de la libération de l’Afrique, du développement tout court », a lancé Denis Sassou-Nguesso son nouveau président.
Le président centrafricain a insisté sur l’importance de l’audit de la Commission de la CEMAC, réalisé en 2023, qui a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements. Selon lui, les réformes engagées, notamment de nouveaux textes financiers et un statut du personnel plus rigoureux, doivent être poursuivies afin d’assurer plus de transparence et d’efficacité.