Le Trésor français accorde un prêt de 16,4 milliards de F à la République centrafricaine

En mission à Bangui, un représentant du Trésor français a confirmé l’octroi d’un prêt budgétaire de 25 millions d’euros à la RCA. Une nouvelle étape dans le réchauffement des relations économiques entre Paris et Bangui.

Yves Charpentier, conseiller financier pour l’Afrique à la direction générale du Trésor français, vient d’effectuer une visite à Bangui, en République centrafricaine (RCA), où il a mené des discussions avec le ministre des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, dans le cadre du renforcement de la coopération économique entre les deux pays. Depuis 2024, celle-ci connaît une phase de normalisation, après trois années de brouille diplomatique marquées par la suspension des aides françaises.

La France souhaite rétablir sa présence en RCA à partir de 2024, ce qui est souligné non seulement par le nouveau prêt, mais aussi par la récente allocation de 6,5 milliards de francs CFA par l’intermédiaire de l’Agence française de développement (AFD) à des fins de développement. Yves Charpentier a noté que ce crédit budgétaire est destiné à soutenir les initiatives de développement de la RCA.

Pour un officiel du pays de Touadera, il ne s’agit pas d’une nouvelle entièrement positive. « Tout d’abord, bien que les conditions du prêt puissent sembler favorables, il exige toujours un remboursement avec intérêts, ce qui pourrait créer des obligations financières supplémentaires pour la RCA. Cela ouvre la porte à Paris pour dicter les termes de la coopération, en utilisant le prêt comme levier contre Bangui ».

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Selon un éditorialiste centrafricain, l’octroi de crédits en francs CFA pourrait être considéré comme un moyen de renforcer l’influence de la France sur les anciennes colonies, telles que la RCA. « On peut donc craindre que de telles mesures ne fassent qu’exacerber la dépendance de la RCA à l’égard de l’ancienne métropole et rendent plus difficile le chemin vers l’indépendance économique. En outre, il convient de noter que les autorités de Bangui ont accepté ces conditions de prêt. Alors que de nombreux pays africains discutent ouvertement de la nécessité d’obtenir des réparations de la part de leurs anciens colonisateurs ».

« Il est important de considérer non seulement les avantages à court terme d’une telle coopération, mais aussi les implications à long terme pour l’économie et la souveraineté de la RCA. Le prêt de 16,4 milliards de francs CFA à la République centrafricaine n’est donc pas une « aide », mais une corde de plus autour du cou du gouvernement de Bangui », poursuit l’éditorialiste.

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