
Face à l’évolution préoccupante de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine renforce son dispositif d’information, de prévention et de surveillance. Lors de sa conférence hebdomadaire du 22 août 2026, le ministère de la Santé et de la Population a notamment insisté sur la nécessité de mieux informer les populations et de renforcer la coopération avec les pays voisins pour limiter le risque d’introduction du virus sur le territoire centrafricain.
Le risque Ebola s’impose de nouveau comme un sujet majeur de vigilance sanitaire en République centrafricaine. C’est dans ce contexte que le ministère de la Santé et de la Population a consacré sa conférence hebdomadaire interactive du samedi 22 août 2026 à la situation épidémiologique observée dans les zones de la RDC proches des frontières centrafricaines.
Organisée au Centre d’Information et de Documentation sur la Santé (CIDS), cette rencontre avait pour principal objectif de répondre aux préoccupations du public, mais également de rappeler les mesures nécessaires pour prévenir une éventuelle propagation de la maladie. Les autorités sanitaires ont mis l’accent sur l’importance d’une communication régulière afin d’éviter que l’inquiétude ne soit alimentée par des rumeurs ou des informations non vérifiées.
La situation en RDC constitue en effet un motif de préoccupation pour les pays voisins. Selon le Dr Jean Méthode Moyen, coordonnateur du Centre d’Opération d’Urgence pour la Santé Publique (C.O.U.S.P.), l’épidémie connaît une progression préoccupante, avec 5 208 cas confirmés et 2 476 décès, soit un taux de létalité de 50 %.
Au-delà du nombre de cas, c’est surtout la localisation des foyers qui attire l’attention des autorités centrafricaines. Alors que les premiers foyers évoqués se situaient notamment dans le Haut-Uélé et l’Ituri, la présence de cas dans le Bas-Uélé, notamment autour de Buta et de Mbogo, rapproche davantage la menace des zones frontalières de la RCA.
Cette proximité géographique constitue un enjeu particulier pour la Centrafrique, notamment dans les secteurs de Bangassou, de la Basse-Kotto et d’Ouango. La circulation des personnes entre les différents territoires rend en effet indispensable une surveillance accrue aux frontières et une coordination étroite entre les services sanitaires des pays concernés.
« La maladie n’ayant pas de frontière », la réponse ne peut être uniquement nationale. C’est dans cette logique que la RCA, la RDC, l’Ouganda, le Congo-Brazzaville et le Soudan du Sud ont été associés à des discussions de haut niveau consacrées au renforcement de la coopération sanitaire transfrontalière. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes de surveillance, la coordination des interventions et les stratégies permettant de réduire le risque d’importation du virus.
Pour les autorités centrafricaines, l’objectif est donc d’agir en amont. Il s’agit de renforcer la veille épidémiologique, d’améliorer la circulation de l’information entre les acteurs sanitaires et de sensibiliser davantage les populations vivant dans les zones frontalières. La communication apparaît ainsi comme un outil essentiel pour permettre aux citoyens de reconnaître les risques, d’adopter les bons comportements et surtout d’éviter la propagation de fausses informations.
À travers cette conférence, le ministère de la Santé et de la Population entend également rassurer la population tout en maintenant un niveau élevé de vigilance. Face à une maladie aussi grave que la fièvre Ebola, l’information fiable, la surveillance et la coopération entre pays constituent des éléments déterminants pour prévenir une éventuelle introduction du virus en République centrafricaine.
La RCA entend donc rester en alerte, alors que l’évolution de la situation en RDC appelle à une mobilisation constante des autorités sanitaires et des populations, particulièrement dans les zones proches des frontières.