RCA : 13 villes ciblées par une nouvelle stratégie pour favoriser le retour des déplacés


Le gouvernement centrafricain veut accélérer le retour et la réintégration des populations déplacées par les conflits. Un atelier technique ouvert le 15 septembre 2026 à Bangui réunit pendant deux jours les acteurs territoriaux et les équipes du ministère de l’Action humanitaire autour d’un dispositif de pôles de développement destiné à accompagner durablement les 13 villes les plus affectées par les déplacements forcés.

La République centrafricaine veut désormais inscrire la question du retour des populations déplacées dans une dynamique plus large de reconstruction et de développement local. C’est dans cette perspective que le ministère de l’Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale a lancé, mardi 15 septembre 2026, un atelier national consacré à l’appropriation technique des pôles de développement.

Pendant deux jours, les participants examinent le cadre stratégique conçu pour les 13 villes ayant été particulièrement touchées par les déplacements forcés. L’objectif est de permettre aux responsables territoriaux de mieux comprendre ce mécanisme et de réfléchir à son intégration dans les politiques nationales, notamment la Stratégie nationale pour les solutions durables et le Plan national de développement.

Au-delà de la question humanitaire, les autorités veulent faire de ces pôles de véritables espaces de stabilisation et de relance. L’approche doit permettre d’identifier les besoins prioritaires des territoires concernés, de renforcer leur gouvernance et de créer les conditions nécessaires au retour des populations dans un environnement propice à la réinstallation et à la cohésion sociale.

Pour Georgine Ouaby, directrice de cabinet au ministère de l’Action humanitaire, le retour des personnes déplacées ne peut être durable sans un environnement capable de leur offrir des perspectives économiques et sociales. Après plusieurs années marquées par les conflits et les déplacements forcés, le retour progressif à la paix doit désormais s’accompagner de mesures concrètes permettant aux populations de reprendre une vie normale.

La responsable estime ainsi que les zones de retour doivent être suffisamment structurées pour permettre aux personnes qui regagnent leurs localités de retrouver leur place au sein de la communauté et de participer à la reconstruction de leur territoire. Cette démarche s’appuie notamment sur la Stratégie nationale pour les solutions durables, élaborée par le gouvernement avec le concours de ses partenaires et adoptée en 2024. Le dispositif des pôles de développement constitue l’un des instruments destinés à traduire cette stratégie sur le terrain, particulièrement dans les zones ayant subi les effets des différents épisodes de crise.

L’atelier de Bangui revêt également une dimension territoriale. Gouverneurs et préfets des zones concernées ont été associés aux travaux afin de renforcer leur maîtrise du dispositif et de faciliter sa mise en œuvre au niveau local. Leur participation doit permettre de mieux adapter les actions envisagées aux réalités propres à chaque territoire.

Pour le ministère, l’enjeu dépasse donc la seule prise en charge des personnes déplacées. Il s’agit désormais de créer les conditions d’un retour durable, tout en consolidant la stabilité des territoires concernés. La reconstruction des infrastructures, la relance des activités économiques, l’accès aux services essentiels et le renforcement de la cohésion entre les communautés apparaissent ainsi comme des composantes essentielles de cette nouvelle approche.

À travers ces 13 pôles de développement, le gouvernement centrafricain cherche ainsi à passer progressivement d’une réponse principalement humanitaire à une logique de solutions durables, où le retour des populations déplacées s’accompagne d’un véritable processus de réintégration et de développement local.

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