
À Cape Town, en Afrique du Sud, la République centrafricaine a présenté sa nouvelle stratégie énergétique devant les principaux acteurs mondiaux du secteur. À travers le Pacte national de l’énergie, dévoilé par les ministres Marc Mandaba et Edwige Opportune Pouninguinza lors de l’Africa Energy Forum 2026, le pays affiche son ambition d’accélérer l’accès à l’électricité, de développer les énergies renouvelables et de mobiliser d’importants investissements pour transformer durablement son système énergétique.
Une présentation stratégique devant les investisseurs internationaux
Le 18 juin 2026 restera comme l’un des moments forts de la participation centrafricaine à l’Africa Energy Forum (AEF). Réunis dans l’une des principales salles du centre de congrès de Cape Town, les représentants du gouvernement centrafricain ont présenté leur vision de l’avenir énergétique du pays lors d’une session spéciale consacrée au programme « M300 Energy Compact Deep Dive ».
Face à un public composé de bailleurs de fonds, d’institutions financières internationales, de développeurs de projets énergétiques et d’investisseurs privés, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Marc Mandaba, et la ministre chargée de l’Énergie, Edwige Opportune Pouninguinza, ont exposé les grandes lignes du Pacte national de l’énergie.
Ce document stratégique constitue désormais le cadre de référence qui guidera les investissements et les réformes du secteur énergétique au cours des prochaines années.
Une ambition claire : élargir l’accès à l’électricité
Au cœur de cette feuille de route figure un objectif majeur : améliorer significativement l’accès des populations à l’électricité.
Aujourd’hui encore, une large partie des Centrafricains demeure privée d’un accès régulier à l’énergie. Les autorités entendent inverser cette tendance en portant le taux national d’électrification à 50 % d’ici 2030, contre moins de 20 % actuellement.
Cette ambition s’inscrit dans le cadre de l’initiative internationale Mission 300, un programme soutenu par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement visant à connecter 300 millions de personnes supplémentaires à l’électricité en Afrique subsaharienne avant la fin de la décennie.
Pour la République centrafricaine, il s’agit d’offrir un accès à l’énergie à près de 2,4 millions de citoyens supplémentaires, avec un impact attendu sur l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et la croissance économique.
Plus de 1 000 milliards de FCFA pour transformer le secteur
La mise en œuvre de cette vision nécessite des ressources considérables. Le gouvernement estime les besoins globaux de financement à plus de 1 000 milliards de FCFA.
Une part importante de ces investissements sera consacrée au renforcement des infrastructures énergétiques classiques, notamment la production, le transport et la distribution de l’électricité à travers le réseau national.
Toutefois, les autorités ont choisi de ne pas limiter leur stratégie aux seules infrastructures centralisées. Une enveloppe significative est réservée au développement de solutions décentralisées, en particulier les mini-réseaux solaires et hydroélectriques destinés aux localités éloignées des grands centres urbains.
Cette approche vise à accélérer l’électrification des zones rurales tout en réduisant les coûts liés à l’extension des réseaux conventionnels.
Les énergies renouvelables au cœur de la stratégie
La diversification du mix énergétique constitue l’un des piliers du Pacte national de l’énergie. Le gouvernement souhaite accroître la place des énergies propres dans la production nationale afin de réduire la dépendance aux sources énergétiques traditionnelles.
Le solaire, l’hydroélectricité et les systèmes hybrides apparaissent comme les principales solutions retenues pour répondre à la demande croissante tout en respectant les engagements environnementaux du pays.
Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large visant à faire de la transition énergétique un moteur de développement économique durable et de résilience face aux défis climatiques.
Des réformes pour attirer les investisseurs
Conscient que la réussite du programme dépendra largement de la mobilisation des capitaux privés, le gouvernement centrafricain a également mis en avant les réformes engagées pour améliorer l’environnement des affaires dans le secteur énergétique.
Parmi les mesures annoncées figurent la modernisation du cadre réglementaire, notamment à travers la révision du Code de l’électricité, ainsi que le renforcement des mécanismes de gouvernance et de suivi des projets.
Les autorités ont également annoncé la mise en place d’un comité de pilotage placé sous la supervision de la Primature afin d’assurer une coordination efficace des différentes actions prévues dans le cadre du Pacte.
Un appel aux partenariats pour accélérer la transformation énergétique
À travers cette présentation à Cape Town, la République centrafricaine a cherché à envoyer un message clair à la communauté internationale : le pays souhaite devenir un partenaire crédible pour les investisseurs du secteur énergétique.
Plutôt qu’une simple recherche d’assistance financière, les autorités ont mis en avant un portefeuille de projets structurés, assortis d’objectifs précis et d’un cadre de gouvernance renforcé.
En présentant sa vision devant les acteurs majeurs du financement et de l’énergie en Afrique, la RCA espère désormais transformer ces engagements en partenariats concrets capables d’accélérer son développement énergétique et de soutenir sa croissance économique à long terme.