
Le gouvernement centrafricain franchit une nouvelle étape dans sa lutte contre les pratiques illicites qui entravent la libre circulation des personnes et des marchandises. Une vaste opération de démantèlement des barrières illégales est actuellement menée sur plusieurs axes routiers stratégiques du pays. Les autorités entendent mettre un terme aux rackets dénoncés depuis des années par les usagers et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
La République centrafricaine a engagé une offensive d’envergure contre les barrières illégales installées sur les principaux corridors routiers du pays. Conduite par la Brigade spéciale mixte de contrôle et de surveillance des barrières, cette opération vise à supprimer les postes de contrôle non autorisés qui, depuis plusieurs années, alimentent les plaintes des transporteurs, commerçants et voyageurs.
Les équipes déployées interviennent aussi bien dans le sud-ouest que dans le nord du pays, avec pour mission d’identifier les installations illégales, d’interpeller leurs responsables et de rétablir les conditions d’une circulation fluide des personnes et des biens. Cette campagne traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance administrative et de lutter contre les pratiques de corruption qui pèsent sur l’économie nationale.
Selon les autorités, ces barrières clandestines étaient principalement exploitées par certains agents issus de différents corps de l’administration, notamment des forces de sécurité, des douanes, des services des eaux et forêts ou encore des collectivités locales. Sous couvert de contrôles routiers, ces postes donnaient lieu à des perceptions illégales d’argent au détriment des usagers, sans qu’aucune recette ne soit reversée au Trésor public.
À la tête de cette mission, le général Bienvenu Nguimalé a indiqué que les autorités avaient décidé de passer à une phase plus ferme de leur stratégie. Après une période consacrée à la sensibilisation et aux rappels des textes en vigueur, l’heure est désormais à l’application stricte de la loi. Lors d’une mission de contrôle menée à une dizaine de kilomètres au nord de Bangui, les équipes ont surpris plusieurs agents en activité sur une barrière installée en violation des dispositions réglementaires.
Le responsable de la Brigade spéciale mixte a rappelé qu’un décret présidentiel signé en juin 2023 fixe de manière précise les postes de contrôle autorisés, les vérifications pouvant y être effectuées ainsi que les redevances légalement exigibles. Toute installation ne répondant pas à ce cadre constitue une infraction susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires. Il a regretté que certains agents aient choisi d’ignorer les instructions des plus hautes autorités, contribuant ainsi à fragiliser la confiance entre les citoyens et les institutions de l’État.
Les premiers résultats de l’opération illustrent l’ampleur du phénomène. Sur plusieurs axes reliant Bangui à Mbaïki, Bambari, Damara et Sibut, les forces engagées ont procédé au démantèlement de onze barrières illégales et à l’interpellation de onze agents appartenant à différents services publics. Les personnes mises en cause devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Sur le terrain, cette initiative est largement saluée par les populations. De nombreux transporteurs, commerçants et habitants estiment que la suppression de ces barrières met fin à des pratiques qui ralentissaient les déplacements, augmentaient les coûts du transport et pénalisaient les activités économiques. Pour beaucoup, cette opération représente un signal fort en faveur de la restauration de l’autorité de l’État et de la lutte contre l’impunité.
Au-delà des démantèlements, les autorités souhaitent inscrire cette action dans la durée. L’objectif est d’empêcher la réinstallation de postes de contrôle illicites, d’assainir les corridors routiers et de garantir une circulation conforme aux textes en vigueur. Cette démarche s’inscrit dans une politique plus large de renforcement de la bonne gouvernance, de sécurisation des échanges commerciaux et d’amélioration du climat des affaires en République centrafricaine.