
A 24 kilomètres au Nord de Bangui, sur la route de Damara. Dans le village de Ngoukomba, le sanctuaire marial vit chaque année pendant trois jours au rythme du pèlerinage marial national, pour la fête de l’Immaculée Conception. Du fait des élections générales annoncées pour le 28 décembre 2025, le pèlerinage prend une dimension particulière.
Cette année, plus de 25 000 pèlerins catholiques et protestants, venus de toute la Centrafrique et de quelques autres pays limitrophes, se rendent ici, pour vivre un temps de prière et de joie, avec des célébrations eucharistiques, la récitation du Rosaire, des enseignements et une grande procession mariale avec l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga.
La 19ème édition du pèlerinage de Ngoukomba, à la sortie nord de Bangui, a été lancée ce mercredi 3 décembre. Toutefois avant même le coup d’envoi officiel, certains fidèles chrétiens se sont déjà installés sur les lieux, une offrande de pénitence pour certains. Depuis 2007, ce lieu symbolise l’espérance et la fraternité, attire chaque année des milliers de fidèles venus des quatre coins de la République centrafricaine, mais aussi de l’étranger : catholiques, protestants, et même musulmans. À quelques semaines des élections générales du 28 décembre, dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires et une absence de dialogue entre le pouvoir et l’opposition, les pèlerins se sont mobilisés pour prôner la paix et le bon déroulement du scrutin.
A en croire Rfi, en rangs serrés, près de cinq mille pèlerins gravissent la colline de Ngoukomba, et ses cinq cents mètres de dénivelé. Les corps se courbent et les respirations s’alourdissent, mais les pas, eux, ne faiblissent pas.
Les pèlerins plaident pour un « dialogue démocratique »
« Je souhaite que ces élections soient faites dans la transparence. Mon vœu est que le Centrafricain soit à l’aise d’aller voter pour la personne de son choix, sans intimidations, sans force. On a prié pour que tout se passe bien », explique Junior-Boris, chef des scouts. Ces élections générales s’annoncent cruciales mais les opposants, réunis au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution, maintiennent leur appel au boycott.
Bruno Wakobo, fidèle catholique, en appelle quant à lui au dialogue. « L’opposition joue son rôle en exprimant des critiques : elle reproche aux institutions chargées d’organiser le scrutin d’être sous l’influence du pouvoir, explique-t-il. Pour éviter la crise, les autorités doivent favoriser un dialogue démocratique. »
Dans son homélie, le cardinal Dieudonné Nzapalaïnga exhorte les Centrafricains à promouvoir la paix et l’amour afin de prévenir toute crise postélectorale. « Dans ce contexte délicat, il y a des gens qui lancent des messages qui sont parfois contraires à l’unité, note-t-il. Hommes politiques : soyez des artisans de paix, par votre manière d’être, vos comportements, les messages que vous véhiculez doivent être des messages qui doivent apaiser, qui doivent rassurer. »
Presque tous les pèlerins rentrent chez eux à pied, parcourant plus de 24 km en file le long de la route, un symbole puissant de solidarité et de convivialité, peu avant les élections.