RCA : à Bangui, des soignants renforcent leurs compétences dans la prise en charge des fractures

Face à la recrudescence des accidents de la route et au manque de structures spécialisées en province, une soixantaine de professionnels de santé ont participé à Bangui à une formation dédiée à la prise en charge des fractures. Organisé par A.O. Alliance nationale, cet atelier vise à améliorer les premiers soins apportés aux victimes de traumatismes avant leur transfert vers les centres spécialisés.

Une formation adaptée aux réalités sanitaires du pays

Du 28 au 30 avril, Bangui a accueilli un atelier de renforcement des capacités consacré aux techniques de prise en charge des fractures. L’initiative, portée par l’organisation A.O. Alliance nationale, a réuni environ 60 participants issus de différents horizons du secteur médical : étudiants en fin de cursus, médecins affectés dans les centres de santé périphériques et personnels infirmiers impliqués dans les soins d’urgence.

L’objectif principal de cette session était de permettre aux participants d’acquérir des compétences pratiques adaptées aux réalités du système de santé centrafricain, où les équipements spécialisés et les blocs opératoires restent limités dans plusieurs régions du pays.

Les formateurs ont mis l’accent sur les méthodes non chirurgicales de stabilisation des fractures, essentielles pour éviter l’aggravation des blessures avant une éventuelle évacuation vers Bangui ou d’autres structures de référence.

Mieux gérer les traumatismes avant les transferts

Pour les spécialistes impliqués dans cette initiative, la qualité de la prise en charge dès les premières heures après un accident peut considérablement réduire les complications.

Le Dr Tibur Sonsamiafondo, chirurgien traumatologue à l’hôpital communautaire de Bangui et membre de A.O. Centrafrique, explique que de nombreux patients arrivent encore dans les services spécialisés sans avoir bénéficié des gestes élémentaires de stabilisation.

Selon lui, cette réalité s’explique en partie par le manque de formation du personnel médical dans certaines localités éloignées. L’atelier avait donc pour ambition de transmettre des réflexes simples mais indispensables : accueil des blessés, évaluation des traumatismes, immobilisation correcte des membres fracturés et surveillance des patients avant leur transfert.

Le spécialiste souligne également que les structures de référence, notamment à Bangui, subissent une forte pression en raison de l’augmentation continue des accidents de circulation.

La multiplication des accidents inquiète les professionnels

L’essor du transport urbain et interurbain, marqué notamment par la prolifération des taxis-motos, contribue à la hausse des traumatismes liés aux accidents routiers en République centrafricaine.

Les médecins observent quotidiennement l’arrivée de victimes provenant de différentes régions du pays, parfois après plusieurs heures de trajet dans des conditions précaires. Certains patients sont transportés sans immobilisation adaptée, ce qui aggrave les fractures et augmente les risques de complications.

Pour les participants à la formation, cet apprentissage répond donc à des besoins concrets rencontrés sur le terrain. Plusieurs médecins en spécialisation ont salué une initiative qui permettra d’harmoniser les pratiques de prise en charge dans les provinces.

L’un des participants, résident en orthopédie-traumatologie à l’hôpital communautaire de Bangui, estime que cette formation aidera les équipes médicales des villes éloignées à mieux stabiliser les blessés avant leur évacuation vers la capitale.

Prévention routière et sensibilisation

Au-delà des aspects purement médicaux, les organisateurs ont également insisté sur la nécessité de renforcer la prévention routière afin de limiter le nombre d’accidents.

Les intervenants ont notamment dénoncé les excès de vitesse, le non-respect du code de la route ainsi que la surcharge fréquente des taxis-motos, devenue une pratique courante dans plusieurs villes du pays.

À travers cet atelier, A.O. Alliance nationale entend contribuer durablement à l’amélioration de la prise en charge des traumatismes en Centrafrique, en renforçant les compétences des personnels de santé de proximité et en favorisant une meilleure coordination entre les structures sanitaires périphériques et les centres spécialisés.

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