
Le second tour des élections législatives, couplé à des scrutins régionaux et partiels, s’est tenu dans le calme en Centrafrique. Malgré quelques irrégularités signalées et des défis logistiques, la participation est restée modérée, traduisant un intérêt limité des électeurs, en particulier pour les élections régionales.
Organisé le dimanche 26 avril, le second tour des élections législatives en République centrafricaine s’est globalement déroulé sans incident majeur. Dans plusieurs localités, les opérations de vote ont suivi leur cours dans un climat apaisé, bien que certaines irrégularités aient été rapportées, notamment dans la capitale Bangui. Des tentatives de double vote et l’usage de cartes électorales falsifiées ont été observés, tandis que des difficultés d’ordre logistique — absence de fiches de dérogation ou omissions sur les listes électorales — ont ponctué la journée.
Malgré l’importance de ce scrutin pour la recomposition des institutions, l’engouement populaire est resté limité. Si une fréquentation relative a été constatée à la mi-journée dans certaines circonscriptions concernées par les législatives, les élections régionales ont, elles, suscité peu d’intérêt. Un déficit d’information sur leurs enjeux semble avoir contribué à une abstention notable.
Ce second tour concernait 46 circonscriptions, alors que 88 députés avaient déjà été élus dès le premier tour. Des élections partielles se sont également tenues dans une dizaine d’autres zones. L’issue de ce processus électoral est particulièrement attendue par le président Faustin-Archange Touadéra, récemment reconduit à la tête du pays, qui devrait s’appuyer sur la nouvelle configuration de l’Assemblée nationale pour former le gouvernement de la septième République.
Dans ce contexte, le parti présidentiel, le Mouvement Cœurs unis, disposait déjà d’une base solide avec une cinquantaine de sièges obtenus dès le premier tour. À l’inverse, l’opposition, qui avait appelé au boycott, n’a pas pris part au scrutin, influençant probablement la dynamique de participation.
Certaines circonscriptions ont fait l’objet d’une attention particulière, notamment celle de Bambouti, dans le sud-est du pays. Cette localité avait été le théâtre d’une attaque armée en décembre dernier, empêchant alors la tenue des élections. Cette fois, le vote s’y est déroulé sans incident dans les différents bureaux, selon les autorités locales, marquant un retour relatif à la normalité malgré un contexte sécuritaire encore fragile.
Au final, ce second tour confirme une organisation électorale maîtrisée sur le plan sécuritaire, mais met en lumière un défi persistant : celui de mobiliser davantage les électeurs et de renforcer leur compréhension des enjeux démocratiques.