RCA : ONU Femmes renforce les capacités des organisations féminines sur les données sensibles au genre

À Bangui, ONU Femmes et le ministère centrafricain du Genre ont lancé une session de formation destinée aux organisations féminines venues de plusieurs zones affectées par les conflits. L’objectif est de doter ces actrices de terrain d’outils de collecte et d’analyse des données sensibles au genre afin d’améliorer les actions humanitaires, le plaidoyer et l’élaboration des politiques publiques en faveur des femmes et des filles.

Mieux documenter les réalités vécues par les femmes en zones de crise

Du 4 au 9 mai, des représentantes d’organisations féminines participent à une formation consacrée à la collecte, au stockage et à l’analyse des données liées au genre. Organisée par ONU Femmes en partenariat avec le ministère du Genre et pilotée par l’Observatoire national de la parité, cette initiative entend répondre à un déficit majeur : l’absence de données fiables permettant de mesurer précisément les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes dans les zones de conflit en République centrafricaine.

Les participantes, venues notamment d’Obo, de Rafaï et de Zémio, sont formées aux techniques de collecte d’informations sensibles au genre dans des contextes marqués par l’insécurité et les crises humanitaires.

Cette session s’inscrit dans le cadre du projet CRAF’D – Leveraging Gender Data in Crisis and Conflict Situations, un programme soutenu par ONU Femmes visant à renforcer les capacités des organisations locales afin qu’elles puissent produire des données exploitables pour les actions humanitaires et les politiques publiques.

Des données pour orienter les décisions et le plaidoyer

Pour ONU Femmes, disposer de statistiques désagrégées et de données fiables est devenu indispensable pour mieux adapter les réponses aux besoins spécifiques des femmes et des filles.

Lors du lancement de la formation, la représentante d’ONU Femmes en République centrafricaine, Rachelle Djangone-Mian, a insisté sur le rôle stratégique des données dans les interventions humanitaires. Selon elle, sans informations précises sur les réalités vécues dans certaines localités affectées par les conflits, il demeure difficile de mettre en place des programmes efficaces et ciblés.

Elle a rappelé que ce projet pilote, soutenu par le siège d’ONU Femmes, est également expérimenté dans plusieurs autres pays confrontés à des crises. L’ambition est de permettre aux organisations féminines centrafricaines de disposer de femmes et de jeunes formés capables de produire des données crédibles pour soutenir le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires internationaux.

Un outil pour renforcer l’inclusion du genre dans les politiques publiques

Les responsables des organisations féminines saluent cette initiative qu’elles considèrent comme une avancée importante pour les femmes vivant dans les régions les plus fragiles du pays.

Pour Rita Adeline Féikéré, présidente de l’Observatoire national de la parité, la faiblesse des données constitue souvent un frein aux actions de plaidoyer. Elle estime que les femmes des zones reculées et touchées par les violences doivent désormais être en mesure de documenter elles-mêmes leurs réalités afin de mieux défendre leurs droits.

Selon elle, les informations collectées permettront d’alimenter les débats publics et de favoriser une meilleure prise en compte des questions de genre dans les politiques nationales.

Des outils numériques pour améliorer la collecte sur le terrain

À l’issue de la formation, les participantes recevront des tablettes numériques destinées à faciliter le travail de collecte des données dans leurs localités respectives. L’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) a annoncé qu’un mécanisme de suivi sera également mis en place afin d’accompagner les bénéficiaires et de veiller à l’utilisation efficace du matériel distribué.

Le choix des villes d’Obo, Zémio et Rafaï n’est pas anodin. Ces localités, régulièrement confrontées à l’insécurité et aux défis humanitaires, serviront de zones pilotes pour tester les méthodologies de collecte avant une éventuelle extension du programme à d’autres régions du pays.

À travers cette initiative, ONU Femmes et ses partenaires espèrent contribuer à une meilleure prise en compte des besoins des femmes dans les réponses humanitaires, tout en renforçant leur participation dans les processus de décision et de développement en République centrafricaine.

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