RCA : à Birao, des réfugiés soudanais retrouvent leur autonomie grâce à l’élevage et aux activités génératrices de revenus

Fuyant le conflit qui ravage le Soudan depuis avril 2023, près de 30 000 réfugiés ont trouvé refuge à Birao, dans le nord-est de la République centrafricaine. Au-delà de l’assistance humanitaire, plusieurs programmes de formation professionnelle leur permettent aujourd’hui de développer des activités génératrices de revenus, favorisant leur autonomie économique et une meilleure intégration dans leur communauté d’accueil.

À Birao, dans la préfecture de la Vakaga, l’espoir renaît progressivement pour des milliers de réfugiés soudanais ayant fui la guerre dans leur pays. Depuis le déclenchement du conflit au Soudan en avril 2023, cette ville frontalière de la République centrafricaine est devenue un important lieu d’accueil pour près de 30 000 personnes en quête de sécurité. Si les premiers mois ont été marqués par l’urgence humanitaire, l’accent est désormais mis sur l’autonomisation des réfugiés afin de leur permettre de reconstruire leur vie dans la dignité.

Parmi les initiatives mises en œuvre figure un programme de formation aux techniques modernes d’élevage, conduit avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de ses partenaires humanitaires. Au camp de Korsi, 150 ménages ont bénéficié d’un accompagnement pratique avant de recevoir chacun trois têtes de petit bétail, composées de deux femelles et d’un mâle. L’objectif est de permettre aux bénéficiaires de constituer progressivement un cheptel capable de générer des revenus durables.

Pour de nombreuses familles, cette activité représente bien plus qu’une simple source de revenus. Elle constitue un nouveau départ après les épreuves de l’exil. Contraints d’abandonner leurs maisons, leurs biens et parfois des proches emportés par la guerre, plusieurs réfugiés voient dans l’élevage une opportunité de retrouver une certaine stabilité et de préparer l’avenir de leurs enfants.

Les premiers résultats sont encourageants. La reproduction du bétail permet déjà à certains ménages de vendre des cabris sur les marchés locaux, procurant des revenus qui servent à couvrir les dépenses essentielles telles que l’alimentation, les soins de santé ou la scolarisation des enfants. Cette dynamique réduit progressivement la dépendance des réfugiés à l’aide humanitaire et renforce leur capacité à subvenir eux-mêmes à leurs besoins.

La réussite du projet repose également sur un suivi technique assuré par les services vétérinaires locaux. Des contrôles sanitaires réguliers sont effectués afin de prévenir les maladies et d’améliorer les conditions d’élevage. Cette collaboration entre les autorités centrafricaines, les organisations humanitaires et les communautés réfugiées contribue à assurer la pérennité des activités mises en place.

Au-delà de l’élevage, les partenaires humanitaires développent d’autres filières porteuses telles que l’agriculture, le maraîchage, le petit commerce et diverses formations professionnelles. Ces initiatives visent à diversifier les sources de revenus et à favoriser une meilleure résilience économique des populations déplacées.

L’arrivée massive des réfugiés soudanais a profondément transformé le quotidien de Birao, dont la population a presque doublé en quelques mois. Malgré la pression exercée sur les infrastructures et les ressources locales, les autorités centrafricaines, avec le soutien du HCR et de plusieurs organisations humanitaires, poursuivent leurs efforts pour promouvoir une coexistence harmonieuse entre communautés hôtes et réfugiés.

En misant sur le développement des compétences et l’accès aux activités génératrices de revenus, ces programmes démontrent que l’assistance humanitaire peut également préparer les conditions d’une autonomie durable. Pour des milliers de réfugiés soudanais installés à Birao, ils représentent aujourd’hui un véritable levier de reconstruction personnelle et d’espoir pour l’avenir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *