RCA : la MINUSCA et les forces nationales intensifient leur coopération sécuritaire

En République centrafricaine, la coopération entre la Police de la MINUSCA et les Forces de sécurité intérieure (FSI) prend une dimension de plus en plus opérationnelle. Patrouilles, formations spécialisées, sécurisation des populations, accompagnement des processus électoraux et actions de proximité constituent les principaux axes d’un partenariat destiné à renforcer la présence sécuritaire de l’État et à consolider la confiance avec les communautés.

La sécurité de proximité s’impose progressivement comme l’un des piliers de la coopération entre les Nations unies et les autorités centrafricaines. À l’occasion de la Journée internationale de la coopération policière, célébrée le 7 septembre, la MINUSCA a mis en lumière les différentes actions menées conjointement avec les forces de sécurité centrafricaines à Bangui comme dans les autres préfectures. L’objectif affiché est de contribuer à une meilleure protection des populations tout en renforçant les capacités opérationnelles des institutions nationales chargées de la sécurité.

Plus de 10 000 patrouilles en une année

Sur le terrain, les patrouilles constituent l’un des instruments les plus visibles de cette coopération. Elles sont conduites à pied ou à bord de véhicules et couvrent aussi bien les centres urbains que les zones frontalières, les espaces à forte fréquentation et certaines localités difficiles d’accès.

Au cours de la période 2025-2026, 10 357 patrouilles conjointes et individuelles ont ainsi été réalisées à travers le pays. Dans le détail, 184 étaient conjointes, tandis que 10 173 relevaient de patrouilles individuelles. Cette présence régulière vise notamment à prévenir les actes de criminalité, rassurer les habitants et maintenir une capacité d’intervention dans les secteurs considérés comme sensibles.

À Bangui, certains habitants font état d’une amélioration du sentiment de sécurité dans des quartiers où les patrouilles sont devenues plus fréquentes. À Berbérati, dans la préfecture de Mambéré-Kadéï, cette présence contribue également à rassurer les communautés alors que le pays se prépare à de nouvelles échéances électorales.

Une coopération qui dépasse les patrouilles

L’action de la Police de la MINUSCA ne se limite toutefois pas à la surveillance et au maintien de l’ordre. La Mission accompagne également certaines initiatives destinées à améliorer l’environnement sécuritaire. Cela passe notamment par l’installation de panneaux de signalisation routière, l’appui à la sécurisation des processus électoraux et le développement de mécanismes de police de proximité.

Cette dernière dimension revêt une importance particulière dans un pays où le rapprochement entre les forces de sécurité et les communautés demeure un enjeu central. L’idée est de favoriser une présence policière davantage tournée vers la prévention, le dialogue et l’identification rapide des risques. La coopération s’est également illustrée lors d’interventions ne relevant pas directement des missions classiques de maintien de l’ordre.

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2026, des unités de police constituée indonésienne et égyptienne de la MINUSCA sont intervenues pour contribuer à maîtriser un important incendie survenu au quartier PK5, à Bangui. L’intervention a permis de limiter la progression du feu et de protéger des habitations ainsi que des commerces, selon les témoignages recueillis auprès de riverains. Cet épisode illustre l’élargissement du rôle opérationnel de la présence policière de la MINUSCA, notamment lorsqu’une situation d’urgence menace directement les populations et les biens.

Former pour rendre les FSI plus autonomes

L’un des enjeux majeurs du partenariat reste cependant le renforcement durable des capacités nationales. La MINUSCA mise notamment sur la formation des policiers et des gendarmes afin de leur permettre de mieux répondre aux différentes formes de criminalité et aux situations complexes auxquelles ils peuvent être confrontés.

Durant la période 2025-2026, 117 membres des forces de sécurité intérieure ont bénéficié de formations spécialisées. Les enseignements ont notamment porté sur la gestion des scènes de crime consécutives à des explosions, les techniques d’enquête judiciaire et d’autres domaines liés à la sécurité.

À cette montée en compétences s’ajoute un appui matériel et infrastructurel. Avec le concours de la Mission, neuf commissariats et brigades de gendarmerie ont été construits ou réhabilités, afin d’améliorer les conditions de travail des personnels et, par conséquent, la qualité du service rendu aux citoyens. Le partenariat comporte également une dimension préventive consacrée à la protection des personnes exposées aux abus et aux violences.

À Damara, la Police de la MINUSCA a notamment conduit en juillet 2026 une évaluation consacrée aux risques d’exploitation et d’abus sexuels. Cette démarche a associé les autorités locales, les FSI ainsi que des représentants des femmes et de la jeunesse. Dans les établissements scolaires de Bangui, les forces onusiennes et centrafricaines ont également mené des campagnes de sensibilisation sur les violences sexuelles et les violences basées sur le genre. Ces actions ont permis de toucher près de 400 élèves.

Cette approche traduit une évolution de la coopération sécuritaire : protéger les populations ne consiste plus uniquement à intervenir après la commission d’une infraction, mais également à prévenir les violences, sensibiliser les communautés et renforcer les mécanismes de signalement et de protection.

Vers une sécurité davantage ancrée dans les communautés

À travers les patrouilles, la formation, l’appui aux infrastructures et les actions de sensibilisation, la MINUSCA cherche à accompagner les FSI dans la construction d’une réponse sécuritaire plus efficace et plus proche des citoyens. Pour les autorités centrafricaines, l’enjeu est également de renforcer progressivement les capacités des institutions nationales afin qu’elles puissent assurer durablement la sécurité sur l’ensemble du territoire.

La coopération entre la MINUSCA et les FSI apparaît ainsi comme un dispositif à plusieurs niveaux : présence sur le terrain, renforcement des compétences, prévention des violences, sécurisation des échéances électorales et rapprochement avec les populations.

Alors que la Centrafrique poursuit ses efforts de stabilisation, la consolidation de cette coopération constitue un enjeu majeur. Car au-delà du nombre de patrouilles ou de formations réalisées, le véritable défi reste de construire une sécurité durable, portée par des institutions nationales suffisamment fortes et capables de gagner la confiance des citoyens.

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