RCA : les autorités sanitaires alertent sur la progression des hépatites virales

À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée le 28 juillet, le ministère centrafricain de la Santé et de la Population a révélé que près de 13 % de la population est affectée par une hépatite virale. Face à cette prévalence préoccupante, les autorités appellent à renforcer la prévention, le dépistage précoce et l’accès aux traitements afin de limiter les conséquences de cette maladie silencieuse.

Les hépatites virales demeurent un enjeu majeur de santé publique en République centrafricaine. Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé et de la Population à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, environ 12,82 % des Centrafricains vivent avec une forme d’hépatite virale, un taux qui suscite de vives inquiétudes au sein des autorités sanitaires.

Cette estimation a été présentée par Larissa M’Bia Somsé, responsable du service chargé de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST), le VIH et les hépatites. Elle a rappelé que ces infections, souvent asymptomatiques à leurs débuts, peuvent évoluer vers des complications graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie lorsqu’elles ne sont ni diagnostiquées ni prises en charge à temps.

Miser sur la prévention et le dépistage

À travers cette campagne de sensibilisation, le ministère entend encourager la population à mieux connaître les modes de transmission des hépatites, à adopter des comportements préventifs et à recourir au dépistage. Les responsables sanitaires insistent sur le fait qu’un diagnostic précoce permet d’améliorer considérablement les chances de prise en charge et de réduire les risques de complications.

Les autorités rappellent également que des solutions médicales efficaces sont aujourd’hui disponibles. La vaccination permet de prévenir l’hépatite B, tandis que l’hépatite C peut désormais être guérie grâce à des traitements adaptés. Pour les personnes atteintes d’hépatite B chronique, des traitements de longue durée contribuent à ralentir l’évolution de la maladie et à améliorer leur qualité de vie.

Des défis persistants pour le système de santé

Malgré ces avancées thérapeutiques, de nombreux obstacles continuent de freiner la lutte contre les hépatites virales en République centrafricaine. Une part importante des personnes infectées ignore encore son statut, faute d’un dépistage suffisamment accessible. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux soins, les limites des infrastructures sanitaires, le manque d’information ainsi que la stigmatisation dont sont parfois victimes les malades.

Ces contraintes compliquent la mise en œuvre des stratégies nationales de lutte contre les hépatites et retardent la prise en charge des patients, alors même que des traitements efficaces existent.

L’objectif de l’élimination d’ici 2030

La Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée chaque année le 28 juillet, constitue une occasion de rappeler l’urgence d’intensifier les actions de prévention et de renforcer les systèmes de santé. Elle s’inscrit dans la stratégie de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui ambitionne d’éliminer les hépatites virales comme menace pour la santé publique à l’horizon 2030.

Pour la République centrafricaine, l’atteinte de cet objectif passera par une mobilisation accrue des pouvoirs publics, des partenaires sanitaires et des communautés afin d’améliorer la couverture vaccinale, d’élargir l’accès au dépistage et de garantir une prise en charge plus efficace des personnes vivant avec ces infections.

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