
La République centrafricaine veut inscrire la protection de son patrimoine forestier dans la durée. À l’issue de la première Semaine nationale de l’Arbre et des Forêts (SNAF), clôturée le 30 août 2026 à Bangui sous le Haut Patronage du président Faustin-Archange Touadéra, le gouvernement a décidé de faire de cette initiative un rendez-vous annuel. Avec plus de 55 550 arbres plantés sur 50 hectares dans la Réserve spéciale de Bas-Oubangui, les autorités entendent accélérer les efforts de reboisement et faire de la restauration des écosystèmes un axe durable de l’action publique.
La Centrafrique veut désormais inscrire le reboisement dans le temps long. La première édition de la Semaine nationale de l’Arbre et des Forêts s’est achevée le 30 août à Bangui avec une décision qui donne à l’initiative une nouvelle dimension : la SNAF sera reconduite chaque année et intégrée à l’agenda institutionnel du pays.
Placée sous le Haut Patronage du président de la République, Faustin-Archange Touadéra, cette première édition a rassemblé plusieurs composantes de la société centrafricaine autour d’un même enjeu : préserver les ressources naturelles et restaurer les espaces forestiers dégradés. Pendant plusieurs jours, administrations publiques, organisations de la société civile, associations, partenaires internationaux, membres du corps diplomatique et populations ont participé aux différentes activités organisées dans le cadre de cette initiative.
Plus de 55 000 arbres pour restaurer les écosystèmes
Le principal résultat de cette première édition reste l’opération de plantation menée dans la Réserve spéciale de Bas-Oubangui. Plus de 55 550 arbres ont été mis en terre sur une superficie de 50 hectares. Au-delà de la portée symbolique de ce chiffre, l’opération traduit la volonté des autorités de passer d’une sensibilisation ponctuelle à des actions concrètes de restauration des espaces naturels.
Le reboisement répond en effet à plusieurs problématiques qui touchent directement les populations. La restauration du couvert végétal contribue notamment à limiter l’érosion des sols, protéger les bassins versants et préserver la biodiversité. Elle peut également participer à la sécurisation des activités agricoles en contribuant au maintien des équilibres écologiques nécessaires à la production. Pour les autorités centrafricaines, l’arbre doit ainsi être considéré comme une ressource stratégique, à la fois pour l’environnement, l’agriculture et les générations futures.
Touadéra veut faire du reboisement une priorité nationale
Lors de la cérémonie de clôture, Faustin-Archange Touadéra a réaffirmé la place que doivent occuper l’afforestation et le reboisement dans les politiques publiques. Le chef de l’État présente désormais la plantation d’arbres comme bien davantage qu’une opération environnementale. Elle constitue, selon cette vision, une réponse aux effets du changement climatique et un moyen de renforcer la résilience du territoire face aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes.
Cette approche traduit également une volonté de responsabiliser l’ensemble des acteurs. La préservation des forêts ne peut en effet reposer uniquement sur les services de l’État. Elle nécessite la participation des collectivités, des communautés locales, des organisations environnementales, des partenaires techniques et financiers ainsi que des populations. La transformation de la SNAF en rendez-vous annuel vise justement à maintenir cette mobilisation au-delà d’une seule campagne de plantation.
Une initiative désormais inscrite dans la durée
En décidant de pérenniser la Semaine nationale de l’Arbre et des Forêts, le président centrafricain veut donner un caractère institutionnel à la dynamique engagée. Cette régularité pourrait permettre de mesurer plus facilement les progrès accomplis en matière de reboisement, mais aussi de renforcer progressivement la sensibilisation des populations aux enjeux liés à la gestion durable des ressources naturelles.
La SNAF pourrait également devenir une plateforme permettant de rapprocher davantage les politiques environnementales des préoccupations économiques et sociales. La gestion durable des forêts représente en effet un potentiel important pour le développement d’une économie verte, notamment à travers les activités liées à la restauration des terres, à la valorisation des ressources forestières et à la création d’emplois.
La coopération internationale appelée à accompagner l’effort
La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité du pays à maintenir les investissements nécessaires dans la durée. Le gouvernement entend, à ce titre, continuer à s’appuyer sur ses partenaires internationaux. Lors de la clôture, Touadéra a salué leur accompagnement dans les efforts engagés pour une gestion plus durable du patrimoine forestier centrafricain et la promotion d’activités économiques compatibles avec la préservation de l’environnement.
Pour la RCA, l’enjeu est désormais de transformer les opérations de reboisement en une politique environnementale structurée, reposant sur le suivi des plantations, l’entretien des espaces restaurés et la protection effective des zones forestières.
De la plantation à la protection durable
La première SNAF aura donc permis de poser un acte fort. Mais le véritable défi commence désormais : faire en sorte que les milliers d’arbres plantés survivent, grandissent et contribuent effectivement à la restauration des écosystèmes.
Avec la reconduction annuelle de la Semaine nationale de l’Arbre et des Forêts, la Centrafrique se donne un cadre pour maintenir cette mobilisation. Le gouvernement veut ainsi faire évoluer la perception de l’arbre, qui ne doit plus être uniquement associé à une opération de plantation, mais devenir un élément central de la protection des sols, de la biodiversité, de l’agriculture et de la résilience climatique. Les 55 550 arbres plantés sur 50 hectares constituent donc un premier bilan encourageant. La prochaine étape sera de transformer cette performance ponctuelle en résultats durables.
En institutionnalisant la SNAF, Faustin-Archange Touadéra entend faire de la restauration du patrimoine forestier une responsabilité collective et un engagement inscrit dans le temps. Pour la Centrafrique, le défi est désormais clair : planter davantage, protéger mieux et faire de ses forêts un véritable levier de résilience et de développement durable.