
La République centrafricaine franchit une nouvelle étape dans son ambition de moderniser l’administration publique. Réunis le 26 août 2026 à Bangui, les acteurs du secteur numérique ont examiné et validé les grandes orientations d’une feuille de route destinée à accélérer la transformation digitale de l’État et à rapprocher les services publics des citoyens, y compris dans les zones les plus éloignées de la capitale.
Le numérique veut désormais occuper une place centrale dans la modernisation de l’État centrafricain. Le gouvernement a organisé, mercredi 26 août à Bangui, un atelier consacré à la restitution et à la validation des stratégies devant encadrer la transformation numérique de l’administration publique.
L’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Économie numérique, des Postes et Télécommunications, Roger Andjalandi. Pour le membre du gouvernement, l’enjeu dépasse la simple introduction de nouvelles technologies dans les administrations. Il s’agit de repenser progressivement le fonctionnement des services publics afin de les rendre plus accessibles, plus efficaces et davantage adaptés aux attentes des citoyens.
Cette orientation s’inscrit notamment dans le cadre du Projet de Gouvernance Numérique du Secteur Public (PGNSP). À travers ce programme, les autorités centrafricaines ambitionnent de faire du numérique un levier de transformation durable de l’administration.
« À travers le Projet de Gouvernance Numérique du Secteur Public, notre pays s’est engagé sur un vaste chantier de réforme ambitieuse visant à construire progressivement une administration publique plus moderne, plus efficace, plus accessible et davantage orientée vers les besoins des citoyens », a souligné Roger Andjalandi.
Vers des services publics accessibles depuis tout le territoire
L’un des principaux défis identifiés par les autorités est celui de l’accès aux services publics au-delà de Bangui. La stratégie présentée doit ainsi prendre en compte les disparités territoriales et proposer des solutions numériques adaptées aux réalités locales. L’objectif affiché est de permettre progressivement aux citoyens, où qu’ils se trouvent, d’accéder à certains services administratifs sans être systématiquement contraints de se déplacer vers les grands centres urbains.
Cette approche suppose notamment de développer des infrastructures numériques adaptées, de renforcer les compétences des administrations et de sécuriser les échanges électroniques. La dématérialisation doit également contribuer à simplifier certaines procédures administratives, réduire les délais et améliorer la qualité des services proposés aux usagers.
Le chantier comporte donc une dimension à la fois technologique et institutionnelle. La réussite de la transformation numérique dépendra autant des infrastructures disponibles que de la capacité des administrations à adapter leurs méthodes de travail.
Orange et Sofrecom aux côtés de l’État
La démarche bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires, notamment la Banque mondiale, Sofrecom et Orange Centrafrique, dans le cadre du PGNSP. Pour Max Francisco, directeur général d’Orange Centrafrique, l’étude réalisée avec l’accompagnement de Sofrecom doit permettre de poser les bases d’un véritable programme de transformation digitale de l’écosystème gouvernemental.
Le travail effectué dans le prolongement du Programme national de développement 2024-2028 a notamment permis de réfléchir à un plan de développement numérique couvrant l’ensemble du territoire centrafricain. L’idée est de ne pas appliquer un modèle technologique uniforme, mais de tenir compte des contraintes et des réalités propres aux différentes régions du pays.
Cette adaptation apparaît particulièrement importante dans un pays où les niveaux de couverture et d’accès aux infrastructures numériques peuvent varier fortement selon les territoires. Le gouvernement veut ainsi privilégier des solutions susceptibles d’assurer un accès fiable et sécurisé aux services publics, tout en tenant compte des conditions locales.
La dématérialisation comme levier de réforme
La feuille de route doit également permettre de hiérarchiser les chantiers prioritaires. Parmi les principales orientations figurent la dématérialisation des services publics, le renforcement des capacités institutionnelles et la mise en œuvre d’actions susceptibles de produire des résultats concrets pour les citoyens.
Le gouvernement entend notamment éviter que la transformation numérique se limite à l’acquisition d’équipements ou à la création de plateformes. L’ambition est d’engager une réforme plus profonde du fonctionnement de l’administration.
Dans cette perspective, le numérique pourrait progressivement faciliter les démarches administratives, améliorer la circulation de l’information entre les services publics et renforcer la transparence dans certaines procédures.
Il représente également un potentiel outil de développement économique. Une administration davantage numérisée peut en effet simplifier les interactions entre l’État, les entreprises et les citoyens, tout en créant un environnement plus favorable à l’émergence de nouvelles activités liées aux technologies.
L’inclusion numérique au cœur de la stratégie
La question de l’inclusion constitue l’un des autres enjeux majeurs de cette politique. Pour les autorités centrafricaines, la transformation digitale ne pourra être considérée comme réussie que si elle bénéficie également aux populations vivant en dehors de Bangui.
La stratégie doit donc contribuer à réduire progressivement la fracture numérique entre les différentes composantes du territoire. L’accès aux services administratifs, mais aussi aux opportunités économiques et sociales offertes par le numérique, constitue désormais un enjeu de développement national. Cette ambition rejoint les orientations du PND Centrafrique Digital 2030, qui place le numérique parmi les instruments susceptibles d’accompagner la modernisation du pays.
La validation de cette feuille de route constitue ainsi une étape importante. Reste désormais à transformer les orientations arrêtées en réalisations concrètes, avec des infrastructures opérationnelles, des administrations formées et des services effectivement accessibles aux citoyens.
Pour la Centrafrique, le défi sera donc de passer de la stratégie à l’exécution. En faisant du numérique un outil de modernisation de l’État, le gouvernement espère non seulement améliorer l’efficacité de l’administration, mais aussi renforcer l’inclusion territoriale et contribuer à la transformation économique et sociale du pays.