
Du 1er au 3 octobre 2026, Bangui deviendra un important point de convergence pour l’écosystème financier d’Afrique centrale. La capitale centrafricaine accueillera simultanément la 5e édition des Journées du Banquier de la CEMAC (JBC) et la 2e édition des Bangui Financial Days (BFD). Un format inédit qui doit rapprocher décideurs publics, banques, régulateurs, investisseurs, entreprises, fintechs et partenaires au développement autour d’un même défi : mobiliser davantage la finance au service des entreprises et de la transformation économique de la sous-région.
Pendant trois jours, Bangui sera au cœur des discussions sur l’avenir du système bancaire et financier de la CEMAC. Organisées sous le très haut patronage du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, les deux manifestations seront articulées autour d’une même programmation et d’une ambition commune : faire dialoguer la réflexion stratégique sur la finance régionale avec les besoins concrets du secteur privé et de l’économie réelle.
Instituées en 2022 par la Fédération des associations professionnelles des établissements de crédit de la CEMAC (FAPEC), les Journées du Banquier se sont progressivement imposées comme un cadre régional de réflexion sur les mutations du secteur bancaire. Après Libreville, Malabo, Brazzaville et N’Djamena, la cinquième édition se tiendra cette année à Bangui. Elle réunira notamment des dirigeants de banques, des institutions communautaires, des autorités publiques, des régulateurs, des partenaires techniques et financiers et des acteurs de la finance numérique.
Les Bangui Financial Days, de leur côté, ont vocation à rapprocher davantage la finance des entreprises et des problématiques de développement de la République centrafricaine. Leur deuxième édition élargit toutefois considérablement son périmètre en s’adossant aux JBC. Le résultat recherché est de créer un espace où les orientations régionales peuvent rencontrer les besoins de financement exprimés par les entreprises, les investisseurs et les entrepreneurs.
C’est précisément cette complémentarité qui donne son intérêt au couplage. Alors que les Journées du Banquier apportent une dimension institutionnelle et sous-régionale, les Bangui Financial Days mettent davantage l’accent sur les échanges opérationnels, les rencontres d’affaires et l’ouverture au secteur privé. Les organisateurs présentent ainsi ce rapprochement comme un moyen de favoriser les synergies entre banques, institutions, entreprises, fintechs et partenaires au développement.
Le financement des entreprises au cœur des débats
Cette convergence intervient alors que l’accès au financement demeure l’un des enjeux majeurs de la transformation économique en Afrique centrale. Les discussions porteront notamment sur la capacité des établissements financiers à accroître les crédits destinés aux PME, à accompagner les chaînes de valeur et à soutenir les projets structurants.
L’objectif sera également de réfléchir aux conditions permettant de mieux orienter l’épargne vers les secteurs productifs. Agriculture, entrepreneuriat, infrastructures, commerce et autres activités créatrices de valeur doivent ainsi trouver davantage de relais auprès du système financier régional.
À travers les Bangui Financial Days, cette problématique sera abordée sous un angle particulièrement opérationnel, avec la volonté de rapprocher les acteurs financiers des entreprises et des investisseurs. La présence annoncée de banques et d’assureurs opérant en Centrafrique doit notamment favoriser les échanges autour des solutions de financement et de partenariats.
Quelle banque africaine à l’horizon 2035 ?
Au-delà du financement immédiat de l’économie, les participants aux JBC devront se projeter sur les transformations à venir du secteur. L’un des axes majeurs concerne ainsi le modèle de la banque africaine à l’horizon 2035 et l’attractivité financière de la CEMAC. Les organisateurs mettent notamment en avant la participation d’acteurs locaux tels que Afriland First Bank, Bpmc, Ecobank Centrafrique, Bgfibank et Sunu Assurances. Une convergence qui, selon eux, doit contribuer à donner à cette rencontre une dimension à la hauteur des ambitions de la zone Cemac.
L’enjeu est de déterminer comment les institutions financières peuvent accompagner des économies confrontées simultanément aux incertitudes économiques, aux besoins croissants d’investissement et à une accélération technologique sans précédent. Le programme prévoit notamment des échanges sur la transformation structurelle et sur les moyens de renforcer la capacité de la finance régionale à soutenir les économies de la sous-région.
IA, fintechs et risques cybernétiques au programme
La mutation technologique constituera un autre volet important de la rencontre. Intelligence artificielle, fintechs, exploitation des données, actifs numériques et nouveaux risques cybernétiques devraient alimenter les débats sur les modèles bancaires de demain.
Pour les établissements de crédit, ces évolutions posent à la fois des questions d’innovation, de compétitivité et de sécurisation des opérations. Le développement des nouveaux services financiers doit en effet s’accompagner d’une réflexion sur la protection des données, la cybersécurité et l’adaptation des cadres réglementaires.
Les échanges devront donc dépasser la seule question de la digitalisation pour examiner la manière dont ces technologies peuvent contribuer à rendre les services financiers plus accessibles, plus efficaces et davantage adaptés aux besoins des entreprises et des populations.
Des infrastructures financières régionales à consolider
Les participants se pencheront également sur plusieurs chantiers structurants de l’architecture financière de la CEMAC. Parmi eux figurent le Bureau d’information sur le crédit, le dépositaire central unique et les mécanismes liés à l’identification des clients défaillants. Ces dispositifs visent notamment à améliorer la circulation de l’information financière, à mieux maîtriser le risque de crédit et à renforcer l’intégration des marchés financiers de la sous-région. Ils illustrent une problématique centrale des deux événements : construire un système financier régional davantage intégré, capable de mobiliser les ressources disponibles et de les orienter vers l’économie productive.
En associant les Bangui Financial Days aux Journées du Banquier de la CEMAC, les organisateurs veulent surtout dépasser le cadre d’un simple rendez-vous professionnel. L’ambition affichée est de créer un espace de dialogue élargi où institutions régionales, banques, entreprises, investisseurs, fintechs et partenaires au développement peuvent confronter leurs expériences et rechercher des solutions communes.
Pour la République centrafricaine, l’enjeu est également de profiter de cette concentration d’acteurs pour renforcer sa visibilité au sein de l’écosystème financier régional. Pour la CEMAC, le rendez-vous doit permettre de prolonger la réflexion sur les réformes financières, tout en la rapprochant davantage des besoins des économies et du secteur privé.
Du 1er au 3 octobre, Bangui accueillera ainsi deux manifestations distinctes mais complémentaires, réunies autour d’une même question : comment faire évoluer la finance d’Afrique centrale pour qu’elle accompagne plus efficacement les entreprises, l’investissement et la transformation structurelle de la région ?