
Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies prépare le renouvellement du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), la question du rythme de son désengagement suscite des appels à la prudence. Lors de son dernier briefing, le mardi 20 octobre, la cheffe de la mission, Valentine Rugwabiza, a salué les progrès enregistrés par les autorités de Bangui, tout en plaidant pour le maintien d’un dispositif militaire adapté aux défis sécuritaires qui persistent dans certaines régions du pays.
La République centrafricaine poursuit ses efforts de stabilisation, mais le chemin vers une sécurité durable reste semé d’obstacles. C’est le principal message défendu devant les membres du Conseil de sécurité des Nations unies par Valentine Rugwabiza, responsable de la Minusca, à quelques jours de son départ. Alors que les discussions sur le renouvellement du mandat de la mission doivent aboutir avant le 15 novembre, la responsable onusienne a invité les partenaires internationaux à ne pas confondre les avancées réalisées sur le terrain avec un retour définitif à la stabilité.
Les résultats obtenus ces derniers mois constituent néanmoins des signes encourageants. Selon les éléments présentés lors de cette rencontre, plus de 1 900 combattants ont été désarmés au cours des quinze derniers mois. Les autorités centrafricaines ont également engagé des réformes institutionnelles, notamment à travers la mise en place d’un comité interministériel et la poursuite du processus de décentralisation. Des efforts restent toutefois nécessaires pour achever l’installation des institutions locales, avec une cinquantaine de municipalités encore concernées.
Malgré ces avancées, plusieurs foyers de tension continuent de fragiliser la situation sécuritaire. Le nord-est du pays, notamment autour d’Am Dafok, ainsi que la zone frontalière reliant la Centrafrique au Tchad et au Soudan, demeurent particulièrement sensibles. Dans ces espaces, la persistance des menaces armées et les difficultés liées au contrôle du territoire rendent encore nécessaire l’appui des forces internationales aux Forces armées centrafricaines (Faca).
Les événements du 30 juin à Am Dafok illustrent les limites actuelles des capacités nationales à faire face seules à certaines offensives. L’intervention de la Minusca aurait contribué à permettre aux forces centrafricaines de reprendre le contrôle de la localité en cinq jours. Cet épisode renforce les arguments en faveur d’un retrait progressif, fondé sur l’évolution réelle des conditions de sécurité plutôt que sur un calendrier fixé à l’avance. La Russie a, de son côté, rappelé le rôle de ses personnels dans l’appui apporté sur le terrain.
À Bangui, les autorités semblent également conscientes des risques qu’entraînerait un transfert précipité des responsabilités. Le représentant centrafricain auprès des Nations unies a souligné que les contraintes financières du pays ne permettaient pas, à ce stade, de prendre intégralement le relais de la mission internationale. En présence de menaces persistantes, une réduction trop importante des moyens de la Minusca pourrait compliquer les efforts engagés pour consolider les acquis sécuritaires.
Dans cette perspective, une évaluation commune des besoins opérationnels, institutionnels et budgétaires apparaît comme une étape importante avant toute modification majeure du dispositif. Une telle démarche permettrait de déterminer les capacités dont les forces nationales disposent réellement, les moyens supplémentaires nécessaires et les conditions dans lesquelles certaines responsabilités pourraient leur être progressivement transférées.
Au-delà des considérations financières, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre la volonté de renforcer l’autonomie de la Centrafrique et la nécessité de préserver les avancées obtenues ces dernières années. Le renouvellement du mandat de la Minusca devra ainsi tenir compte des réalités propres aux différentes régions du pays, où la situation sécuritaire demeure inégale.
Le débat qui s’ouvre au Conseil de sécurité dépasse finalement la seule question du maintien des effectifs de la mission. Il porte sur les garanties indispensables à une transition durable, afin que le renforcement des capacités nationales ne s’accompagne pas d’un vide sécuritaire susceptible de remettre en cause les progrès enregistrés. Pour Bangui comme pour ses partenaires internationaux, le défi consiste désormais à préparer un transfert de responsabilités réaliste, progressif et adapté aux moyens disponibles.
Note éditoriale : le texte a été réorganisé et reformulé avec un angle rédactionnel propre, en mettant l’accent sur le dilemme entre la consolidation de la souveraineté sécuritaire centrafricaine et le maintien d’un appui international. Avant publication, il serait prudent de vérifier la date exacte du briefing, les chiffres avancés et les fonctions actuelles des personnalités citées.