
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé, mercredi 30 septembre à Bangui, une formation de trois jours destinée au personnel du ministère du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Réintégration (DDRR). L’initiative vise à mieux préparer les agents à prévenir et identifier les cas de traite des personnes, de violences basées sur le genre (VBG), d’exploitation et d’abus.
La lutte contre la traite des personnes et les violences basées sur le genre s’invite dans le processus de désarmement et de réintégration en République centrafricaine. À Bangui, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) organise depuis mercredi 30 septembre un atelier de formation consacré au renforcement des capacités du personnel du ministère du DDRR.
Pendant trois jours, les participants sont appelés à approfondir leurs connaissances sur les mécanismes de prévention de la traite des personnes et sur la protection des populations exposées à différentes formes de vulnérabilité. La formation porte également sur les dispositifs juridiques applicables en République centrafricaine, notamment la loi n°22.015 relative à la lutte contre la traite des personnes.
Pour l’OIM, l’objectif est de permettre aux agents du DDRR de disposer de repères et d’outils opérationnels afin de mieux détecter les situations à risque, orienter les victimes et contribuer à leur protection.
Le personnel du DDRR en première ligne
La formation part du constat que les opérations liées au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration se déroulent dans des environnements où les populations peuvent être confrontées à différentes formes de vulnérabilité.
« Le désarmement se fait auprès des personnes armées. Ces personnes font parfois des violences basées sur le genre », a expliqué le ministre délégué au DDRR, Henri Wanzet Linguissara, lors du lancement des travaux. Pour le membre du gouvernement, il est donc nécessaire que les agents chargés de ces opérations disposent des connaissances suffisantes pour prendre en compte ces problématiques dans l’exercice de leurs missions.Cette dimension est d’autant plus importante que le personnel du DDRR est amené à intervenir au contact d’anciens combattants, de communautés affectées par les conflits et de personnes susceptibles de nécessiter une protection particulière.
Renforcer la prévention et l’identification des victimes
Pour l’OIM, la traite des personnes et les violences basées sur le genre ne peuvent être combattues efficacement sans une réponse coordonnée entre les institutions et les acteurs intervenant auprès des populations.
La cheffe de mission de l’organisation en RCA, Aissatou Guisse Kaspar, a insisté sur la nécessité de doter les participants de connaissances, d’outils pratiques et de ressources leur permettant de prévenir, d’identifier et de mieux répondre à ces phénomènes. La traite, l’exploitation et les violences basées sur le genre constituent en effet des atteintes graves aux droits fondamentaux et peuvent toucher particulièrement les personnes déplacées, les migrants et les communautés vulnérables.
Au-delà de la sensibilisation, l’atelier doit donc contribuer à améliorer les mécanismes d’orientation et de protection des personnes victimes ou exposées à ces risques. Le renforcement des compétences des agents constitue ainsi un maillon supplémentaire dans la chaîne de prévention et de prise en charge.
Une initiative soutenue par l’Union européenne
Cette session de formation s’inscrit dans le cadre du projet consacré à l’amélioration de l’assistance aux migrants, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes exposées à la traite des personnes et aux violences basées sur le genre en République centrafricaine. Le programme bénéficie du financement de l’Union européenne et vise plus largement à renforcer les dispositifs nationaux de prévention, de protection et d’accompagnement des victimes.
À travers cet accompagnement, l’OIM entend soutenir les institutions centrafricaines et les acteurs de première ligne dans la mise en place d’une réponse plus structurée face à la traite et aux VBG. Pour le ministère du DDRR, l’enjeu est également d’intégrer davantage ces problématiques dans les différentes étapes du processus de désarmement et de réintégration, afin que les interventions auprès des populations concernées tiennent mieux compte des risques de protection.