RCA : la CPI condamne deux ex-responsables des milices anti-balaka

La condamnation par la Cour pénale internationale (CPI)  de deux chefs de milices anti-balaka pour des crimes graves commis en République centrafricaine  est une étape importante pour la justice dans le pays, a déclaré Human Rights Watch ce 24 juillet.

Après plus de quatre ans de procès devant la première chambre de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le verdict dans le procès des deux chefs miliciens anti-balaka de Centrafrique est tombé. Alfred Yekatom est condamné à 15 ans de prison ferme et son co-accusé, Patrick-Edouard Ngaïssona, à 12 ans.

« Ce premier jugement tant attendu de la CPI pour les crimes graves perpétrés en République centrafricaine depuis 2012 constitue une mesure de justice importante pour les victimes des abus commis par les anti-balaka », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Mais ce verdict souligne également qu’il reste beaucoup à faire, et que la CPI et les tribunaux de la République centrafricaine devraient s’employer à résoudre le manque de responsabilisation qui perdure pour les crimes graves dans le pays. »

A en croire RFI, député et à la tête d’une société de sécurité, Alfred Yekatom est arrêté à sa grande surprise à Bangui vers la fin 2018 avant d’être extradé vers la CPI. François-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération de football de Centrafrique, sera arrêté en France vers la même période, avant de rejoindre son co-accusé à La Haye.

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Leur procès devant la CPI a finalement débuté il y a un peu plus de 4 ans, mais très vite la Cour va accumuler les retards à cause notamment de la crise du Covid de 2020 ou encore d’un problème de mandats des juges de la CPI. Le quartier PK5, un quartier musulman de Bangui, compte parmi ses habitants, de nombreuses victimes des violences reprochées aux deux accusés. Les noms Ngaïssona et Yekatom sont sur toutes les lèvres.

Ce jeudi 24 juillet, la Cour a finalement rendu son verdict et fixé en même temps la peine qu’il leur est infligée :  Alfred Yekatom a été reconnu coupable de 20 chefs d’inculpations et Patrick-Edouard Ngaïssona de 28, dont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis entre septembre 2013 et février 2014, lors de la tentative de reprise du pouvoir par le général François Bozizé, qui venait d’être chassé de la tête du pays par la Seleka.

Parmi leurs innombrables crimes, des attaques de populations civiles, persécutions pour des motifs ethniques ou encore tortures et traitements inhumains. Les juges ont donc tranché : 15 ans de prison pour Alfred Yekatom et 12 ans pour Patrick-Edouard Ngaïssona. Mais les deux peuvent faire appel. 

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