
Les autorités camerounaises et centrafricaines ont réaffirmé leur volonté de consolider leur partenariat sécuritaire afin de faire face aux défis persistants à leur frontière commune. Réunis à Motcheboum, dans la région de l’Est du Cameroun, les ministres en charge de la Défense des deux pays ont passé jeudi dernier en revue la situation sécuritaire transfrontalière et examiné les mécanismes susceptibles de renforcer la lutte contre les groupes armés, les trafics illicites et les mouvements incontrôlés de populations.
Une rencontre stratégique dans un site symbolique
C’est dans la localité de Motcheboum, située dans l’arrondissement de Doumé, que s’est tenue la cinquième réunion bilatérale consacrée à la sécurité transfrontalière entre le Cameroun et la République centrafricaine. Ce choix n’est pas anodin. La ville abrite plusieurs infrastructures de formation militaire, dont l’École de formation aux opérations de maintien de la paix, devenue un centre de référence pour la préparation de contingents engagés dans les missions internationales de stabilisation.
La rencontre s’est déroulée sur instruction des présidents Paul Biya et Faustin-Archange Touadéra, témoignant de l’importance accordée par les deux chefs d’État à la coopération sécuritaire entre leurs pays.
La délégation camerounaise était conduite par le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo, tandis que son homologue centrafricain, Rameaux-Claude Bireau, ministre de la Défense nationale et de la Reconstruction de l’armée, représentait Bangui.
Une frontière sous surveillance permanente
Les échanges ont principalement porté sur l’évaluation du dispositif sécuritaire déployé le long de la frontière commune, longue d’environ 800 kilomètres. Cette vaste bande frontalière demeure confrontée à plusieurs défis, notamment les incursions de groupes armés, les trafics transfrontaliers et les déplacements irréguliers de populations.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années grâce à une coopération renforcée entre les forces de défense et de sécurité des deux pays, certaines menaces continuent de peser sur la stabilité de cette zone stratégique.
Les responsables militaires présents ont ainsi examiné les mesures susceptibles d’améliorer davantage la coordination des opérations, le partage du renseignement et les interventions conjointes sur le terrain.
Un partenariat consolidé par un nouvel accord de défense
Cette session de travail revêtait un caractère particulier puisqu’elle intervient quelques mois après la signature d’un accord de partenariat de défense entre le Cameroun et la République centrafricaine. Conclu à Yaoundé en septembre 2025, cet accord constitue désormais le cadre juridique de la coopération militaire entre les deux États.
Pour les autorités camerounaises, ce texte vient formaliser une collaboration déjà ancienne entre les armées et les forces de gendarmerie des deux pays. Il ouvre également la voie à un renforcement des actions conjointes en matière de sécurité, de formation militaire et de lutte contre les menaces transnationales.
Les discussions à huis clos ont permis de réaffirmer l’engagement des deux gouvernements à poursuivre leurs efforts communs afin de garantir la sécurité des populations vivant de part et d’autre de la frontière.
La reconnaissance de Bangui envers le Cameroun
Au cours des travaux, la délégation centrafricaine a tenu à saluer le soutien constant apporté par le Cameroun à la République centrafricaine, notamment dans les domaines humanitaire et sécuritaire.
Les autorités de Bangui ont particulièrement mis en avant l’accueil réservé aux réfugiés centrafricains présents sur le territoire camerounais ainsi que les nombreuses initiatives d’accompagnement mises en œuvre pour faciliter leur prise en charge.
Cette marque de reconnaissance s’est traduite par une motion de remerciement adressée au président Paul Biya, soulignant le rôle joué par le Cameroun dans les efforts de stabilisation de la République centrafricaine.
Une volonté commune de préserver la stabilité régionale
Au terme de cette rencontre, les deux parties ont affiché leur détermination à maintenir une coopération étroite face aux défis sécuritaires qui affectent la sous-région. Le renforcement du partenariat entre Yaoundé et Bangui apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour lutter contre les activités criminelles transfrontalières et favoriser un environnement plus sûr pour les populations.
Dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes, le Cameroun et la République centrafricaine entendent ainsi poursuivre leurs actions concertées afin de préserver la paix, renforcer la stabilité et promouvoir le développement dans les zones frontalières.