
Le Maroc franchit un cap majeur dans son développement économique. Selon l’Indice d’industrialisation en Afrique 2025 publié par la Banque africaine de développement (BAD), le Royaume devient la première puissance industrielle du continent, devant l’Afrique du Sud. Cette progression illustre la montée en puissance de son appareil productif, soutenue par une stratégie industrielle ambitieuse, une diversification des exportations et une forte attractivité pour les investisseurs.
Le Maroc confirme sa transformation économique et industrielle. Dans son rapport 2025 consacré à l’Indice d’industrialisation en Afrique (AII), la Banque africaine de développement place désormais le Royaume au premier rang des économies industrielles africaines. Une avancée symbolique et stratégique qui témoigne des mutations profondes engagées depuis plusieurs années dans les secteurs manufacturier, automobile, aéronautique, énergétique et technologique.
Présenté à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD, le rapport souligne que le Maroc a réussi à bâtir une industrie plus compétitive et davantage tournée vers les marchés internationaux. Le pays bénéficie notamment d’une politique industrielle structurée, fondée sur l’amélioration des chaînes de valeur locales, le développement des infrastructures et l’ouverture vers les investissements étrangers.
Cette dynamique s’inscrit dans une évolution plus large observée sur le continent. Entre 2010 et 2024, quarante-et-un pays africains sur cinquante-quatre ont amélioré leur niveau d’industrialisation. La progression moyenne enregistrée atteint 6 %, preuve d’une volonté croissante des économies africaines de réduire leur dépendance aux matières premières et de renforcer leur tissu productif.
Malgré ces avancées, la BAD rappelle toutefois que l’Afrique demeure encore marginale dans l’industrie mondiale. Le continent représente moins de 2 % de la production manufacturière internationale et environ 1,4 % des exportations manufacturières mondiales. Le rapport note également un recul de la valeur ajoutée manufacturière par habitant par rapport aux niveaux observés avant 2014, signe que les défis structurels restent importants.

L’étude met en évidence la domination de l’Afrique du Nord et de l’Afrique australe dans les domaines de la production industrielle et de la sophistication des exportations. Le Maroc et l’Égypte apparaissent notamment comme les locomotives industrielles de la région, attirant une part importante des investissements destinés au continent.
Le premier Baromètre de l’investissement industriel en Afrique (AfIIB), élaboré par WITBA Invest SA avec le soutien de Trendeo, confirme cette tendance. L’Afrique du Nord concentre à elle seule plus de la moitié des investissements industriels africains entre 2020 et 2025. Le Maroc se distingue particulièrement grâce à sa stabilité économique, ses infrastructures logistiques modernes et sa position stratégique aux portes de l’Europe et de l’Afrique subsaharienne.
Le rapport insiste également sur la nécessité pour les économies africaines d’accélérer leur transition écologique. Les experts avertissent que les futures réglementations environnementales imposées par l’Europe et les États-Unis pourraient pénaliser les industries africaines les moins engagées dans la décarbonation. Pour rester compétitives, les entreprises du continent devront donc investir dans des technologies plus propres et renforcer leur efficacité énergétique.
Enfin, la BAD estime que l’intégration économique africaine doit désormais dépasser le simple cadre des accords commerciaux. Le développement de corridors économiques, l’amélioration des infrastructures de transport et l’harmonisation des normes apparaissent comme des leviers essentiels pour permettre à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) de produire pleinement ses effets.
Avec cette première place continentale, le Maroc confirme son ambition de devenir un hub industriel majeur reliant l’Europe, l’Afrique et le reste du monde.