RCA : seize ex-combattants remettent volontairement leurs armes dans la Nana-Mambéré

Une nouvelle avancée a été enregistrée dans le processus de désarmement en République centrafricaine. À Camp de Déré, dans la sous-préfecture de Bouar, seize anciens porteurs d’armes ont choisi de renoncer à la violence en remettant volontairement leur arsenal aux autorités. Cette opération, conduite avec l’appui de la MINUSCA et des responsables locaux, illustre les efforts déployés pour restaurer durablement la sécurité et favoriser la réconciliation dans la préfecture de la Nana-Mambéré.

Organisée le 20 juillet 2026, cette initiative s’inscrit dans le cadre des actions de stabilisation menées dans les zones affectées par l’insécurité. Les autorités administratives, les représentants de la MINUSCA, les leaders communautaires ainsi que les membres du Comité préfectoral chargé de la mise en œuvre du processus de désarmement ont supervisé cette cérémonie, au cours de laquelle seize personnes, dont deux femmes, ont officiellement déposé les armes.

Au total, plusieurs armes artisanales, des dizaines de munitions ainsi que divers équipements militaires ont été remis aux autorités compétentes, marquant une étape importante dans les efforts visant à réduire la circulation des armes au sein des communautés.

La sensibilisation au cœur du processus

Selon les responsables locaux, cette opération est le résultat d’un travail de proximité mené depuis plusieurs mois auprès des populations. Les campagnes de sensibilisation organisées par les autorités, avec le soutien de la MINUSCA, ont permis de convaincre plusieurs jeunes de renoncer aux groupes armés et d’opter pour une solution pacifique.

Les échanges avec les communautés ont notamment porté sur les conséquences des violences, les opportunités offertes par les programmes de désarmement ainsi que les perspectives de réinsertion ouvertes aux anciens combattants. Cette approche participative semble avoir contribué à restaurer progressivement la confiance entre les populations et les institutions.

La violence a profondément marqué les communautés

Pour de nombreux habitants de Camp de Déré, cette remise volontaire des armes représente un soulagement après plusieurs années marquées par l’insécurité.

Les violences liées au banditisme armé ont entraîné des pertes en vies humaines, provoqué des déplacements de populations et perturbé durablement les activités agricoles, principale source de revenus des habitants.

Des terres ont été abandonnées, des récoltes compromises et plusieurs familles ont vu leurs conditions de vie se détériorer sous l’effet de l’insécurité. Les anciens porteurs d’armes ayant rejoint le processus expliquent que cette réalité les a conduits à reconsidérer leur engagement et à privilégier le retour à une vie civile.

Si le désarmement constitue une avancée majeure, les autorités estiment que la consolidation de la paix passera désormais par l’accompagnement économique et social des anciens combattants.

Les responsables de la préfecture soulignent que l’accès à des activités génératrices de revenus, à des formations professionnelles et à des moyens de subsistance durables sera indispensable pour éviter un retour à la violence. Ils appellent les partenaires internationaux, les organisations non gouvernementales et les agences spécialisées à renforcer leur soutien afin d’offrir à ces jeunes de véritables perspectives d’insertion.

L’objectif est de transformer cette dynamique de désarmement en opportunité de développement local au bénéfice de l’ensemble des communautés.

Un signal encourageant pour la stabilité de la région

Cette opération est perçue comme un signe positif dans une région régulièrement confrontée aux défis sécuritaires. En favorisant le dialogue, la participation des communautés et l’implication des autorités locales, le processus de désarmement contribue progressivement à restaurer un climat de confiance entre les populations. Les autorités espèrent que cette initiative encouragera d’autres porteurs d’armes à rejoindre volontairement le processus de désarmement et à participer aux efforts de réconciliation nationale.

Au-delà de la remise des armes, cette journée symbolise surtout la volonté de tourner la page des violences et de construire un avenir fondé sur la paix, la sécurité et le développement. Pour les habitants de Camp de Déré comme pour l’ensemble de la préfecture de la Nana-Mambéré, elle représente une étape importante vers un retour durable à la stabilité et à la cohésion sociale.

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