RCA : plus de 15 000 enfants enregistrés à l’état civil lors d’une vaste campagne de rattrapage à Bossangoa

Le gouvernement centrafricain poursuit ses efforts pour garantir à chaque enfant une identité légale. À travers une campagne exceptionnelle menée dans plusieurs communes de l’Ouham, plus de 15 000 enfants ont été enregistrés à l’état civil. Une initiative qui vise à réduire les conséquences des crises passées et à faciliter l’accès des enfants aux services essentiels.

En République centrafricaine, la lutte contre le sous-enregistrement des naissances franchit une nouvelle étape. Du 10 au 30 mai 2026, le ministère de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local (MATDDL), avec l’appui technique de CIVIPOL, a conduit une importante campagne d’enregistrement à l’état civil dans les communes de Bossangoa, Korô-M’poko et Soumbé, situées dans la préfecture de l’Ouham.

L’opération visait à permettre à des milliers d’enfants, scolarisés ou en âge d’être scolarisés, d’obtenir un acte de naissance, document indispensable à la reconnaissance de leur existence juridique et à l’exercice de leurs droits fondamentaux.

Une cérémonie symbolique pour marquer les premiers résultats

La première phase de cette campagne s’est achevée à Bossangoa par une cérémonie officielle de remise de 2 500 actes de naissance. Organisé le 29 mai dernier, l’événement a réuni plusieurs autorités administratives, judiciaires et locales autour d’un objectif commun : renforcer l’accès des populations à l’état civil.

Parmi les personnalités présentes figuraient notamment le gouverneur de la région de Yadé, Wilikon Mbartha, le directeur général de la Décentralisation et de l’État civil, Jean Symphorien Ngama-Piault, le maire de Bossangoa, les autorités judiciaires locales ainsi que les représentants de CIVIPOL.

Cette remise symbolique a illustré les progrès réalisés dans une région qui a longtemps souffert des conséquences des conflits armés et des déplacements massifs de populations.

Offrir une identité légale à des milliers d’enfants

Pour de nombreuses familles, l’obtention d’un acte de naissance représente bien plus qu’une simple formalité administrative. Ce document constitue la porte d’entrée vers l’école, les examens officiels, les soins de santé, les programmes sociaux et l’ensemble des services publics.

Les crises successives qui ont secoué la République centrafricaine, notamment entre 2012 et 2013, ont fortement perturbé le fonctionnement des services d’état civil dans plusieurs localités. À Bossangoa en particulier, les violences ont entraîné d’importants déplacements de populations et la perte de nombreux documents administratifs.

Cette situation a privé des milliers d’enfants de toute existence juridique officielle, compliquant leur accès à leurs droits fondamentaux.

Plus de 15 000 enfants concernés

Selon les données communiquées par les autorités, plus de 15 000 enfants ont été enregistrés au cours des trois semaines de campagne dans les trois communes ciblées.

Parmi eux, environ 14 500 ont bénéficié d’une procédure de jugement supplétif destinée aux enfants dont la naissance n’avait jamais été déclarée. En parallèle, près de 500 enfants ont été enregistrés dans les délais légaux.

Les opérations de traitement des dossiers, de délivrance des jugements supplétifs et de signature des actes de naissance se poursuivent. Les documents seront remis progressivement aux bénéficiaires au fur et à mesure de leur finalisation.

Une priorité pour les autorités centrafricaines

À l’occasion de la cérémonie de clôture, le directeur général de la Décentralisation et de l’État civil a rappelé que le droit à l’identité constitue l’un des fondements de la citoyenneté et de la protection des enfants.

Il a souligné l’engagement du gouvernement à moderniser le système d’état civil afin de garantir à chaque citoyen une reconnaissance légale dès sa naissance.

Le gouverneur de la région de Yadé a, pour sa part, insisté sur la gratuité des actes de naissance, conformément aux dispositions prises par les autorités nationales. Il a également promis de veiller à l’application effective de cette mesure dans l’ensemble de sa juridiction.

Une action inscrite dans un programme de modernisation

Cette campagne s’inscrit dans le cadre du Projet européen d’appui à la modernisation, à la sécurisation et à l’accessibilité du système d’état civil en République centrafricaine.

À travers cette initiative, les autorités ambitionnent non seulement de résorber le retard accumulé dans l’enregistrement des naissances, mais aussi de renforcer durablement les capacités des services d’état civil sur l’ensemble du territoire.

Pour les milliers d’enfants concernés, l’obtention d’un acte de naissance représente désormais une étape décisive vers l’exercice de leurs droits, leur intégration sociale et la construction de leur avenir. Dans une région encore marquée par les séquelles des conflits, cette reconnaissance juridique apparaît également comme un facteur essentiel de protection et de stabilité pour les populations.

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