
Plus d’un mois après la déclaration officielle de l’épidémie de choléra en République centrafricaine, les autorités sanitaires continuent de faire face à une propagation préoccupante de la maladie. Plus de 700 cas et plusieurs dizaines de décès ont déjà été enregistrés, tandis que le gouvernement renforce les mesures de prévention avec l’appui de ses partenaires, notamment à travers une vaste campagne de vaccination.
L’épidémie de choléra demeure une source de vive préoccupation en République centrafricaine. Déclarée officiellement le 26 juin dernier, la maladie continue de gagner du terrain, mettant sous pression un système de santé déjà confronté à d’importants défis structurels.
Selon les dernières données communiquées par le ministère de la Santé, le pays comptabilise désormais 720 cas confirmés de choléra, dont 46 décès. Parmi ces victimes, 15 sont décédées dans des structures sanitaires après une admission tardive, tandis que les premiers décès avaient majoritairement été enregistrés au sein des communautés avant le déclenchement de la riposte nationale.
Les autorités sanitaires expliquent que la circulation de la maladie est particulièrement active dans les localités situées le long du fleuve Oubangui. Cette zone, caractérisée par une forte mobilité des populations et des échanges transfrontaliers, souffre également d’un accès insuffisant à l’eau potable, à l’assainissement et aux infrastructures d’hygiène, autant de facteurs qui favorisent la transmission du vibrion cholérique.
Les districts sanitaires de Bangui 2, Bimbo et Mbaïki figurent actuellement parmi les foyers les plus affectés. Les services de santé poursuivent les opérations de surveillance épidémiologique afin d’identifier rapidement les nouveaux cas et de limiter la propagation de la maladie.
Les enfants paient un lourd tribut à cette épidémie. D’après les autorités sanitaires, les moins de dix ans représentent près de 44 % des cas enregistrés, une situation qui renforce l’urgence d’une réponse ciblée en faveur des populations les plus vulnérables.
Pour contenir l’épidémie, le gouvernement a mobilisé l’appui de plusieurs partenaires internationaux. Grâce au soutien de Gavi, l’Alliance du Vaccin, la République centrafricaine a obtenu un lot de 600 000 doses de vaccin oral contre le choléra. Cette dotation doit permettre le lancement d’une campagne de vaccination de grande ampleur dans les zones les plus exposées, avec pour objectif de réduire rapidement les risques de transmission.
Parallèlement à la vaccination, les équipes sanitaires poursuivent les actions de sensibilisation sur les gestes de prévention, notamment le lavage régulier des mains, la consommation d’eau traitée, le respect des règles d’hygiène alimentaire et le recours rapide aux centres de santé en cas de symptômes tels que des diarrhées aiguës ou des vomissements.
Le ministère de la Santé rappelle également que le traitement du choléra est entièrement gratuit sur l’ensemble du territoire national afin de favoriser une prise en charge précoce et de réduire la mortalité liée à cette maladie.
Si les autorités affirment que la riposte est désormais pleinement opérationnelle, elles reconnaissent que la maîtrise durable de l’épidémie dépendra aussi de l’amélioration des conditions d’accès à l’eau potable, de l’assainissement et de la mobilisation continue des communautés. Dans un contexte marqué par les déplacements de populations et la fragilité des infrastructures sanitaires, la vigilance demeure de mise pour éviter une aggravation de la situation dans les semaines à venir.