RCA : les députés plaident pour une réhabilitation urgente des routes afin de désenclaver les provinces

La question de l’état des infrastructures routières s’est imposée au cœur des débats lors de la présentation du programme de politique générale du gouvernement à l’Assemblée nationale. De nombreux députés ont appelé le Premier ministre, Félix Moloua, à accélérer la réhabilitation des routes en province, estimant que le désenclavement des territoires constitue une condition indispensable au développement économique, à la mobilité des populations et au renforcement de l’autorité de l’État.

Le mauvais état du réseau routier en République centrafricaine continue de susciter de vives préoccupations parmi les élus de la Nation. Réunis en séance plénière à l’occasion de la présentation du programme de politique générale du gouvernement, les députés ont largement insisté sur l’urgence d’investir dans la réhabilitation des routes reliant les différentes préfectures du pays.

Au cours des échanges avec le Premier ministre, Félix Moloua, plusieurs parlementaires ont dressé un constat alarmant de la dégradation des principaux axes routiers, soulignant les conséquences économiques et sociales de cette situation sur les populations vivant à l’intérieur du pays.

Intervenant au nom de sa circonscription, la députée de Mala, Marthe Lakonté Gaomeda, a attiré l’attention sur l’état de la route reliant Dékoa à Mala, longue d’une soixantaine de kilomètres. Selon elle, cet axe stratégique n’a fait l’objet d’aucune réhabilitation depuis près de trois décennies, alors même que la localité demeure un important bassin de production agricole.

L’élue a rappelé que Mala a longtemps contribué à l’approvisionnement de Bangui en produits vivriers et estime que la remise en état de cette route permettrait de relancer les activités économiques locales, de faciliter l’écoulement des récoltes et d’améliorer les conditions de vie des populations rurales.

Même son de cloche du côté du député de Zémio, Parfait Achille Sangou Zirani, qui a évoqué la situation préoccupante de l’axe Sibut-Bambouti. Il a indiqué qu’en dépit de la signature d’un contrat de réhabilitation il y a plusieurs mois, les travaux tardent à démarrer sur le terrain.

Pour le parlementaire, cette infrastructure revêt pourtant une importance stratégique, puisqu’elle dessert plusieurs préfectures et pourrait contribuer au développement des échanges commerciaux avec plusieurs pays voisins, notamment l’Ouganda, le Soudan et le Kenya. Il a ainsi invité le gouvernement à accélérer la mise en œuvre du projet afin de renforcer l’intégration économique régionale.

À son tour, le député de Bouca, Séraphin Mbetigaza, a décrit les difficultés auxquelles sont confrontés les habitants de sa circonscription. Selon lui, les routes reliant Bouca à Dékoa et Bouca à Batangafo sont aujourd’hui dans un état de dégradation avancé, compliquant fortement les déplacements des personnes et le transport des marchandises.

Il a souligné que cette situation isole davantage les populations, freine les activités commerciales et limite l’accès aux services sociaux essentiels, notamment les soins de santé et l’éducation.

Face à ces préoccupations, le Premier ministre Félix Moloua a tenu à rassurer les élus sur l’engagement du gouvernement. Il a rappelé que le développement des infrastructures routières figure parmi les priorités de son programme d’action ainsi que du Plan national de développement.

Le chef du gouvernement a indiqué que plusieurs projets de réhabilitation sont en préparation et qu’un mécanisme de suivi sera mis en place afin d’assurer une meilleure coordination des chantiers et de garantir leur exécution. Il a également sollicité l’appui des députés pour accompagner la mise en œuvre de ces projets au bénéfice des populations.

Au-delà des revendications exprimées par les élus, les échanges ont mis en évidence le rôle central que jouent les infrastructures routières dans la relance économique du pays. Le désenclavement des régions constitue en effet un levier essentiel pour stimuler les échanges commerciaux, favoriser la circulation des biens et des personnes, améliorer l’accès aux services publics et renforcer la présence de l’État sur l’ensemble du territoire.

À l’issue des débats, le programme de politique générale présenté par le Premier ministre a été adopté à la majorité des députés. Il s’articule autour de quatre grandes priorités, parmi lesquelles figurent la relance de l’économie, le développement des infrastructures, le renforcement de la gouvernance et la restauration de l’autorité de l’État.

À travers ces engagements, le gouvernement entend faire des infrastructures routières un moteur du développement national. Reste désormais à traduire ces orientations en réalisations concrètes, afin de répondre aux attentes des populations des provinces qui voient dans la réhabilitation des routes un préalable indispensable à leur désenclavement et à leur essor économique.

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