
Selon un rapport publié le 10 juin 2026 par l’Initiative mondiale contre la criminalité transnationale organisée (GI-TOC), l’or reste la principale source de profits des réseaux criminels en République centrafricaine. Malgré une hausse des exportations officielles, le secteur continue de soulever des interrogations sur la traçabilité de la production et les retombées financières pour l’État.
Dans son dernier rapport consacré aux économies criminelles en République centrafricaine, le GI-TOC analyse plusieurs secteurs sensibles, parmi lesquels le trafic d’armes, de carburant, de bois ou encore de produits pharmaceutiques. Toutefois, l’exploitation et le commerce de l’or apparaissent comme l’activité la plus rentable.
Les chercheurs estiment que près de cinq tonnes d’or sont extraites chaque année dans le pays, représentant une valeur d’environ 500 millions de dollars sur les marchés internationaux. Une partie importante de cette production provient notamment du site minier de Ndassima, exploité à grande échelle par des sociétés associées au groupe russe Wagner.
L’enquête met également en lumière l’émergence d’un nouvel acteur dans la chaîne d’exportation. D’après Ruben de Koning, coauteur du rapport, une partie de l’or produit serait désormais exportée par des circuits officiels, notamment via l’entreprise Sigma Gold, dont les liens capitalistiques remonteraient aux Émirats arabes unis. Cette évolution aurait contribué à l’augmentation des exportations déclarées par la Centrafrique.
Les chiffres officiels indiquent ainsi que sept tonnes d’or ont été exportées en 2025, un volume nettement supérieur à celui enregistré l’année précédente. Pour les auteurs du rapport, cette formalisation progressive du commerce de l’or pourrait être liée aux changements en cours entre le groupe Wagner et Africa Corps, une structure placée sous l’autorité du ministère russe de la Défense.
Selon leur analyse, les discussions en cours autour du financement de la présence de cette force en Centrafrique pourraient expliquer la volonté de renforcer les revenus officiels issus du secteur minier. Dans ce contexte, l’État centrafricain chercherait à mieux intégrer les flux aurifères dans les circuits déclarés afin d’accroître ses ressources budgétaires.
Malgré cette évolution, le GI-TOC souligne que les recettes publiques restent largement inférieures au potentiel du secteur. À Ndassima, l’organisation estime que plus de sept millions de dollars de redevances minières n’auraient pas été perçus chaque année par les autorités centrafricaines.