
Face à la recrudescence des barrières illégales sur plusieurs axes routiers du pays, les autorités centrafricaines entendent reprendre l’offensive. Réuni à Bangui avec les responsables des services déconcentrés, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures pour combattre ce phénomène qui affecte la libre circulation des personnes et des marchandises. Parmi les initiatives envisagées figure la mise en place d’un numéro vert destiné à recueillir les signalements des citoyens.
Un phénomène qui refait surface
Alors que plusieurs opérations de démantèlement avaient été menées ces dernières années, les barrières illégales continuent de proliférer sur certaines routes de la République centrafricaine. Cette situation suscite de nombreuses plaintes de la part des transporteurs, des commerçants et des voyageurs qui dénoncent des pratiques assimilées à des prélèvements illicites.
Conscient de cette résurgence, le gouvernement a récemment tenu une réunion stratégique afin d’évaluer l’ampleur du phénomène et d’identifier des réponses plus efficaces. Les autorités reconnaissent que malgré les efforts entrepris, les dispositifs mis en place n’ont pas permis d’éradiquer durablement ces pratiques.
Une mobilisation des autorités pour restaurer l’autorité de l’État
À l’issue des discussions, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de faire respecter les textes réglementaires et de lutter contre toutes les formes d’entraves illégales à la circulation.
Les autorités estiment que la multiplication de ces barrages compromet les efforts engagés pour améliorer le climat économique et renforcer la confiance des populations dans les institutions publiques.
Pour renforcer le dispositif de surveillance, un numéro vert sera mis à la disposition des citoyens afin qu’ils puissent signaler les abus constatés sur le terrain. Cette approche vise à impliquer davantage les populations dans la lutte contre un phénomène qui touche directement leur quotidien.
Un impact direct sur le coût de la vie
Au-delà des désagréments pour les usagers, les barrières illégales ont des conséquences économiques importantes. Les frais supplémentaires imposés aux transporteurs se répercutent souvent sur le prix des marchandises, contribuant ainsi à l’augmentation du coût de la vie pour les ménages.
Les acteurs économiques soulignent également que ces pratiques ralentissent les échanges commerciaux, augmentent les délais de transport et découragent certains investissements.
Dans un pays où le développement des infrastructures et la fluidité des échanges sont essentiels à la relance économique, la persistance de ces obstacles est perçue comme un frein majeur à la croissance.
Des dispositifs déjà existants mais des résultats contestés
La lutte contre les barrières illégales n’est pourtant pas une initiative nouvelle. Depuis plusieurs années, les autorités ont créé des mécanismes spécifiques pour combattre ce phénomène, notamment une brigade mixte chargée du contrôle routier et un comité national de lutte contre les barrières illégales.
Des opérations menées sur le terrain avaient permis le démantèlement de centaines de barrages, particulièrement dans certaines régions du nord-ouest du pays. Toutefois, la réapparition de nouveaux points de contrôle illégaux relance le débat sur l’efficacité réelle de ces structures.
Pour de nombreux observateurs, la réussite de cette nouvelle offensive dépendra avant tout de la capacité des autorités à assurer un suivi rigoureux des mesures annoncées et à sanctionner les responsables impliqués.
Un appel à la vigilance citoyenne
Le gouvernement mise désormais sur une collaboration plus étroite avec les populations afin de mieux identifier les auteurs de ces pratiques et les zones les plus touchées.
Les autorités invitent les citoyens à signaler systématiquement les cas observés et à participer activement à la lutte contre ce phénomène considéré comme un obstacle au développement du pays.
À travers cette nouvelle mobilisation, l’exécutif espère réduire durablement les barrières illégales, améliorer la circulation des biens et des personnes et renforcer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.