
Après plus d’une décennie de présence dans la préfecture de la Lobaye, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a officiellement transféré la gestion de sa base de Mbaïki à l’État centrafricain. Cette rétrocession s’inscrit dans le processus de reconfiguration progressive du dispositif onusien dans le pays.
Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’évolution de la présence de la Minusca en République centrafricaine. Lors d’une cérémonie officielle organisée le 10 juin à Mbaïki, les Nations unies ont procédé à la remise de leur base aux autorités centrafricaines, en présence des responsables gouvernementaux, des partenaires internationaux et de plusieurs représentants diplomatiques.
Cette opération marque la volonté de la mission onusienne d’adapter son déploiement aux réalités sécuritaires actuelles du pays. Au-delà des infrastructures remises à l’État, ce transfert implique également un passage progressif de certaines responsabilités aux institutions nationales, notamment en matière de sécurité, de protection des populations civiles, d’appui à l’administration territoriale et de maintien des infrastructures de communication.
Une infrastructure stratégique au cœur de la Lobaye
Installée dans une zone géographique particulièrement importante, la base de Mbaïki occupe un site dominant offrant une large visibilité sur la région forestière de la Lobaye. Sa position, à proximité des axes reliant Bangui et la République du Congo, lui confère un intérêt stratégique pour le contrôle et la surveillance du territoire.
Développée au fil des années par la Minusca, l’emprise comprend plusieurs infrastructures modernes destinées aux opérations de maintien de la paix. Des logements, des installations d’entraînement, des postes de surveillance, des équipements d’approvisionnement en eau ainsi que des unités de production d’électricité figurent parmi les biens désormais placés sous la responsabilité de l’État centrafricain.
Le contingent tunisien qui assurait jusqu’ici la présence militaire sur le site sera redéployé vers d’autres localités où les besoins sécuritaires demeurent plus importants.
Un défi pour les forces nationales
Pour les habitants de Mbaïki, cette rétrocession représente à la fois un signe de normalisation et une source d’interrogations. Après plusieurs années durant lesquelles la présence de la Minusca a contribué à stabiliser la région, les populations attendent désormais des forces de défense et de sécurité nationales qu’elles assurent pleinement la continuité des missions de protection.
Cette attente est d’autant plus forte que certains riverains signalent une recrudescence récente d’actes de banditisme dans la préfecture. Le maintien de la sécurité et la consolidation des acquis obtenus grâce aux efforts conjoints du gouvernement et de ses partenaires internationaux constituent désormais des priorités majeures.
Une reconfiguration progressive de la Minusca
Les responsables des Nations unies rappellent toutefois que cette rétrocession ne signifie pas un retrait de la mission du territoire centrafricain. La Minusca poursuit ses activités dans le pays tout en réorganisant son dispositif afin de concentrer davantage ses ressources dans les zones encore confrontées à l’instabilité.
La base de Mbaïki devient ainsi la sixième installation officiellement transférée aux autorités centrafricaines après plusieurs autres sites situés dans différentes régions du pays. Cette stratégie s’inscrit dans un vaste programme de rationalisation engagé par la mission onusienne.
Confrontée à une réduction significative de ses ressources financières, la Minusca a déjà fermé plusieurs dizaines de positions opérationnelles au cours de l’année. Les Nations unies prévoient de poursuivre ce mouvement d’ici à fin 2026, avec pour objectif de transférer ou de fermer de nouvelles bases tout en maintenant leur soutien aux efforts de stabilisation de la République centrafricaine.
Cette évolution témoigne de la volonté des autorités centrafricaines et de leurs partenaires internationaux de renforcer progressivement la prise en charge nationale des questions de sécurité, tout en accompagnant le retour durable de l’État sur l’ensemble du territoire.