RCA : de nouveaux éboulements meurtriers frappent les sites miniers artisanaux

Quelques jours après le drame de Bé-Mbari dans la Nana-Mambéré, un nouvel affaissement de terrain survenu près de Bossembélé a coûté la vie à plusieurs artisans miniers. Ces accidents successifs relancent les inquiétudes autour des conditions de travail précaires et du manque de contrôle des exploitations minières artisanales en République centrafricaine.

La série noire se poursuit dans les zones minières artisanales de République centrafricaine. Le 14 mai, un nouvel éboulement s’est produit dans le village de Ngata, situé à proximité de Bossembélé, dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko. Selon plusieurs sources locales, une dizaine de personnes ont perdu la vie après l’effondrement d’une fosse d’exploitation artisanale.

D’après les premiers témoignages recueillis sur place, l’accident serait lié au non-respect des règles élémentaires de sécurité dans l’aménagement des galeries minières. Comme dans de nombreux sites artisanaux du pays, les travaux auraient été réalisés sans encadrement technique adéquat ni mesures de protection suffisantes.

Ce nouveau drame intervient seulement une semaine après l’éboulement survenu à Bé-Mbari, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au nord-ouest du pays. Ce site minier, situé près de la frontière camerounaise, aurait enregistré un bilan particulièrement lourd, avec plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés selon des témoignages locaux.

À Bé-Mbari, les opérations de secours se poursuivent encore dans des conditions difficiles. Faute de moyens logistiques et d’intervention rapide des autorités, ce sont principalement les habitants des villages voisins et les artisans survivants qui tentent d’extraire les victimes des décombres.

L’accès à cette localité reculée reste compliqué en raison de l’état des routes et de la faiblesse du réseau de communication, ce qui rend difficile l’établissement d’un bilan officiel précis. Selon des habitants de la zone, plusieurs centaines de personnes travaillaient sur le site au moment de l’effondrement.

Des proches des victimes continuent de rechercher des membres de leurs familles disparus. Certains témoignages évoquent des corps encore ensevelis sous les gravats, tandis que plusieurs blessés auraient succombé faute d’assistance médicale rapide.

Des notables locaux expliquent que l’éboulement de Bé-Mbari aurait été provoqué par la chute d’un arbre situé au-dessus d’une galerie creusée de manière artisanale. L’instabilité du terrain et l’absence de normes de sécurité auraient aggravé la catastrophe.

Dans plusieurs régions minières de Centrafrique, l’exploitation artisanale de l’or et des diamants attire chaque année des milliers de personnes en quête de revenus. Mais ces activités se déroulent souvent dans des conditions extrêmement précaires, avec peu de contrôle administratif et quasiment aucune protection pour les travailleurs.

Face à la multiplication des accidents, des voix s’élèvent pour réclamer un meilleur encadrement du secteur minier artisanal et le renforcement des dispositifs de sécurité sur les sites d’exploitation. Pour l’heure, les autorités locales disent préparer une mission sur le terrain afin d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’apporter une réponse officielle à ces nouveaux drames.

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