RCA : Touadéra reçoit les trois otages de Bambouti libérés après près de onze mois de captivité

Après près de onze mois passés aux mains de miliciens dans le Haut-Mbomou, la sous-préfète de Bambouti, Koumba Ndiaye, et deux agents de l’Autorité nationale des élections (ANE), Dieu-Béni Endjitonguele et Naomie Topien, ont recouvré la liberté le 18 octobre 2026. De retour à Bangui, les trois anciens otages ont été reçus par le président Faustin-Archange Touadéra, qui a salué l’issue des démarches ayant conduit à leur libération et réaffirmé son appel à la paix et au dialogue pour mettre fin à l’insécurité dans cette région du sud-est de la République centrafricaine.

La fin d’une longue épreuve pour trois représentants de l’administration centrafricaine. Enlevés le 28 décembre 2025, en pleine journée de scrutin des élections générales, par des éléments du groupe armé Azandé Ani Kpi Gbé, la sous-préfète de Bambouti et les deux agents recenseurs de l’ANE ont finalement retrouvé la liberté après plusieurs mois de médiation. Leur retour à Bangui marque une étape importante dans ce dossier qui avait suscité de vives préoccupations au sein des autorités et de l’administration électorale.

Dès leur arrivée dans la capitale, les trois rescapés ont été accueillis par des membres du gouvernement et des représentants de l’Autorité nationale des élections. Leur programme a ensuite été marqué par des rencontres institutionnelles, notamment à l’Assemblée nationale, avant une audience au palais présidentiel auprès du chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra.

Cette réception présidentielle a constitué un moment fort de leur retour à la vie civile. Koumba Ndiaye, Dieu-Béni Endjitonguele et Naomie Topien ont pu témoigner de leur soulagement après cette longue période de détention et exprimer leur reconnaissance envers les autorités ainsi qu’à l’endroit des personnes et des organisations qui ont contribué à leur libération. Au-delà des retrouvailles avec les institutions de la République, cette audience a également permis de mettre en lumière les efforts de médiation déployés pour parvenir à un dénouement sans versement de rançon, selon les informations communiquées à l’occasion de leur libération.

Le président Touadéra a, pour sa part, salué l’implication des différents acteurs mobilisés dans ce processus, notamment l’Église catholique, les députés du Haut-Mbomou et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca). Cette mobilisation collective illustre la place qu’occupent la médiation et les initiatives de dialogue dans la recherche de solutions aux situations de prise d’otages dans les zones affectées par les violences armées.

En mettant l’accent sur l’absence de paiement de rançon, le chef de l’État a également souligné l’importance d’une issue obtenue par la concertation plutôt que par la satisfaction des exigences financières de groupes armés. Son appel à privilégier la paix et le dialogue s’inscrit dans un contexte où le Haut-Mbomou demeure confronté à des défis sécuritaires persistants, qui fragilisent les populations et compliquent le fonctionnement des services publics.

La libération de la sous-préfète et des deux agents électoraux représente ainsi un soulagement pour leurs familles, leurs collègues et les autorités nationales. Elle rappelle aussi la vulnérabilité des personnels administratifs et électoraux dans les localités éloignées de la capitale, particulièrement lorsque les tensions armées entravent la présence de l’État.

En attendant de retrouver leurs proches, les trois anciens otages ont été pris en charge à l’hôpital général de Bangui pour y subir des examens médicaux. Cette étape doit permettre d’évaluer leur état de santé après plusieurs mois de captivité.

Pour Faustin-Archange Touadéra, cet épisode remet au premier plan la nécessité de consolider les mécanismes de dialogue et de renforcer les conditions d’une paix durable dans le Haut-Mbomou. Si la libération des trois otages constitue une issue heureuse à une longue crise, elle ne dissipe pas, à elle seule, les préoccupations sécuritaires qui persistent dans cette partie de la Centrafrique. L’enjeu reste désormais de transformer cette avancée en une dynamique plus large de stabilisation, afin que les agents de l’État puissent exercer leurs fonctions sans être exposés à de nouvelles prises d’otages.

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