RCA : à Badia-Salifou, agriculteurs et éleveurs misent sur le dialogue pour prévenir les conflits

À Badia-Salifou, dans la Nana-Grébizi, les communautés veulent éviter une résurgence des tensions liées à la transhumance. Réunis le 26 septembre autour d’une séance de sensibilisation organisée par la section des Affaires civiles de la MINUSCA, plus de 200 habitants ont appelé au respect des couloirs de transhumance, au règlement pacifique des différends et au renforcement du dialogue entre agriculteurs et éleveurs.

À une trentaine de kilomètres de Kaga-Bandoro, la question de la transhumance reste étroitement liée aux relations entre les différentes communautés. Dans cette zone, les tensions des dernières années ont notamment été alimentées par les dégâts causés aux cultures, les vols de bétail et les représailles qui en ont parfois découlé.

Mais à Badia-Salifou, le discours semble progressivement évoluer. Lors de la rencontre du 26 septembre, agriculteurs, éleveurs, responsables locaux et autres membres de la communauté ont surtout insisté sur la nécessité de privilégier la concertation pour éviter que les différends liés aux activités agricoles et pastorales ne dégénèrent.

Pour les habitants, le dialogue engagé depuis plusieurs années a déjà permis d’améliorer les relations entre les communautés. Zita, participante à la rencontre, se souvient notamment d’une période où les agriculteurs se rendaient aux champs avec la crainte de nouveaux incidents.

« Les problèmes que nous avons eus avec la transhumance par le passé ont fait que, lorsque nous allions au champ, nous travaillions dans la peur. Par la suite, un dialogue a été instauré afin que nous puissions travailler ensemble », témoigne-t-elle.

Les couloirs de transhumance au cœur des préoccupations

Parmi les principales préoccupations soulevées au cours des échanges figure le respect des itinéraires réservés au passage du bétail. Pour les participants, une meilleure organisation des déplacements des troupeaux permettrait de limiter les incursions dans les champs et, par conséquent, de réduire les sources de tensions.

Séverin Djonigba, habitant de Badia, appelle ainsi les pouvoirs publics à renforcer les mécanismes permettant de sécuriser ces couloirs. Il souhaite également un accompagnement des communautés dans leurs activités économiques.

« Nous aimerions que le gouvernement mette en place un système garantissant le respect des couloirs de transhumance afin d’éviter les conflits. Nous demandons également au gouvernement de nous soutenir dans nos activités », explique-t-il.

La question de la gestion des incidents a également occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité d’abandonner les représailles et de privilégier le recours aux autorités compétentes lorsqu’un différend survient.

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