RCA : l’insécurité continue de compliquer l’accès humanitaire dans le Sud-Est

Les violences et les incidents armés continuent de freiner l’acheminement de l’aide humanitaire dans plusieurs préfectures du sud-est de la République centrafricaine. Dans son rapport hebdomadaire du 28 septembre, l’OCHA signale de nouvelles attaques contre des équipes humanitaires et alerte sur les conséquences de cette situation pour plus de 20 000 personnes vulnérables.

L’accès humanitaire demeure fortement perturbé dans le sud-est de la République centrafricaine. Dans son dernier point de situation, l’Organisation des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) fait état de plusieurs incidents sécuritaires ayant affecté les déplacements des organisations humanitaires dans les préfectures du Haut-Mbomou, du Mbomou et de la Vakaga.

Parmi les faits rapportés figure l’interruption d’une mission humanitaire qui devait relier Zémio à Djéma, dans le Haut-Mbomou. Selon l’OCHA, des hommes armés ont bloqué le passage de l’équipe, réclamé de l’argent et proféré des menaces contre les travailleurs humanitaires. Face à ces risques, les membres de la mission ont été contraints de renoncer à poursuivre leur trajet.

La situation ne s’est pas améliorée dans les jours suivants. Le 21 septembre, la même équipe aurait de nouveau été prise pour cible sur l’axe reliant Mboki à Zémio, où elle a été victime d’un braquage. Ces incidents illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs humanitaires pour atteindre certaines localités isolées.

Plus de 20 000 personnes affectées

Les conséquences de cette insécurité dépassent les seules organisations d’aide. Dans plusieurs secteurs du Haut-Mbomou, les activités humanitaires sont suspendues depuis plus de deux mois, privant de soutien des milliers de personnes dépendantes de ces interventions.

L’OCHA estime à plus de 20 000 le nombre de personnes vulnérables affectées par cette interruption à Djéma et le long des principaux axes de la région. L’arrêt ou la réduction des opérations complique notamment l’accès aux services et aux biens essentiels pour des populations déjà exposées aux effets des déplacements, de la pauvreté et de l’insécurité.

La situation reste également préoccupante dans le Mbomou. Le 18 septembre, des groupes armés ont effectué des incursions dans les villages de Baliavoulou et Madabazouma, à proximité de Bangassou. Ces violences auraient fait au moins un mort et plusieurs personnes auraient été enlevées.

Ces nouveaux incidents entretiennent un climat d’insécurité susceptible de limiter davantage les mouvements des populations et des organisations intervenant dans la zone.

Des opérations maintenues lorsque les conditions le permettent

Malgré ces contraintes, l’aide humanitaire n’est pas totalement interrompue dans le sud-est centrafricain. Certaines interventions continuent d’être menées dans les zones où les conditions de sécurité permettent aux équipes de se déplacer.

À Zémio, notamment, plus de 1 300 ménages vulnérables ont récemment reçu une aide financière du Programme alimentaire mondial (PAM), avec l’appui de son partenaire Alerte Humanitaire. Ce type d’assistance permet aux bénéficiaires de disposer de ressources pour répondre à une partie de leurs besoins essentiels.

Dans la Vakaga, au nord-est du pays, les difficultés sécuritaires continuent également de peser sur les moyens de subsistance des communautés. La capacité des organisations à intervenir reste toutefois conditionnée à l’évolution de la situation sur le terrain.

Pour l’OCHA, la question de l’accès humanitaire demeure ainsi directement liée à la sécurité des travailleurs et des populations. Les attaques, les braquages, les menaces et les restrictions de déplacement risquent de réduire davantage la capacité des acteurs humanitaires à atteindre les zones les plus isolées.

Dans un contexte où plusieurs dizaines de milliers de personnes dépendent encore de l’assistance extérieure, la persistance des violences dans le sud-est de la RCA fait donc peser un risque supplémentaire sur la continuité des opérations humanitaires et l’accès des populations vulnérables à l’aide dont elles ont besoin.

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