
La Mission d’observation électorale du Réseau Arc-en-ciel (MOE-RAC) juge globalement satisfaisant le déroulement des élections groupées organisées en 2025-2026 en République centrafricaine. Présenté le 29 septembre à Bangui, son rapport final relève plusieurs avancées dans la conduite du processus, tout en pointant des insuffisances, notamment dans la constitution du fichier électoral, la participation des femmes et l’indépendance de l’administration électorale.
Le Réseau Arc-en-ciel livre son appréciation sur le cycle électoral centrafricain. Après plusieurs mois d’observation du processus ayant conduit aux élections présidentielle, législatives, régionales et municipales, la Mission d’observation électorale de l’organisation estime que, malgré certaines difficultés, les scrutins se sont déroulés dans des conditions globalement satisfaisantes.
Le rapport final a été présenté le 29 septembre à Bangui, en présence de représentants des institutions et de professionnels des médias. À cette occasion, le chef de la mission, Joseph Bindoumi, a exposé les principaux enseignements tirés du suivi effectué par les observateurs sur le terrain.
Des insuffisances dans la préparation du scrutin
Parmi les difficultés relevées figure notamment la constitution et la gestion du fichier électoral. Pour le Réseau Arc-en-ciel, certaines contraintes rencontrées au cours de cette étape ont constitué un point de vigilance dans la préparation des élections.
L’organisation estime néanmoins que ces difficultés n’ont pas remis en cause l’appréciation générale portée sur le processus. « Au niveau de l’organisation, il y a eu quelques difficultés », a relevé Joseph Bindoumi, tout en considérant que les élections se sont, dans leur ensemble, déroulées de manière satisfaisante.
L’observation porte également sur la représentativité des femmes dans les différentes compétitions électorales. Le constat dressé par la MOE-RAC fait apparaître une présence particulièrement faible des femmes parmi les candidatures.
À l’élection présidentielle, aucune candidature féminine n’a notamment été enregistrée, selon le rapport présenté par la mission. Aux législatives, les femmes représentaient environ 12 % des candidatures. Une faible représentation également observée, selon le Réseau Arc-en-ciel, lors des élections régionales et municipales.
L’indépendance de l’ANE au cœur des recommandations
Au-delà du bilan des scrutins, le Réseau Arc-en-ciel formule plusieurs recommandations destinées à améliorer les prochaines échéances électorales.
L’une des principales concerne l’Autorité nationale des élections (ANE). La mission estime que cette institution doit pouvoir exercer ses responsabilités avec davantage de liberté et à l’abri des pressions politiques ou administratives. Pour les observateurs, le renforcement de son autonomie constitue un élément important pour consolider la confiance dans le processus électoral.
Le Réseau appelle également les différents acteurs à privilégier le dialogue afin de prévenir les tensions susceptibles d’affecter les futures consultations. Une recommandation adressée notamment au gouvernement, invité à favoriser davantage les échanges autour des questions électorales.
Le Conseil constitutionnel figure lui aussi parmi les institutions destinataires des recommandations. La mission souhaite notamment une amélioration des procédures afin de permettre la publication des résultats électoraux dans des délais plus courts.
Les femmes toujours sous-représentées
La question de la participation féminine apparaît comme l’un des autres points importants du rapport. Alors que les femmes constituent une part importante de l’électorat centrafricain, leur présence parmi les candidats reste limitée.
L’absence de candidature féminine à la présidentielle et la proportion d’environ 12 % observée aux législatives témoignent de cette faible représentation. Le Réseau Arc-en-ciel invite ainsi les acteurs du processus électoral à poursuivre les efforts en faveur d’une participation plus équilibrée des femmes à la vie politique.
Cette question dépasse toutefois le seul cadre des élections. Elle renvoie également aux conditions d’accès des femmes aux responsabilités politiques, aux moyens dont disposent les candidates et aux mécanismes susceptibles de favoriser leur participation aux différentes consultations.
Les résiduelles du 25 octobre en ligne de mire
Le cycle électoral centrafricain n’est par ailleurs pas totalement achevé. Selon le calendrier communiqué par l’Autorité nationale des élections, des élections résiduelles doivent se tenir le 25 octobre prochain.
Ces scrutins concerneront cinq circonscriptions pour le second tour des législatives, trois circonscriptions pour les élections régionales et seize autres pour les municipales.
Ces nouvelles échéances offriront donc une première occasion de mesurer la capacité des acteurs concernés à intégrer certaines des recommandations formulées par la mission d’observation.
Pour le Réseau Arc-en-ciel, le bilan globalement positif des élections ne doit ainsi pas masquer les faiblesses identifiées au cours du processus. L’enjeu consiste désormais à transformer les constats établis par les observateurs en mesures concrètes afin de renforcer la transparence, l’inclusivité et la crédibilité des prochaines consultations électorales en République centrafricaine.