
Trois mois après l’attaque qui avait secoué Am-Dafock, dans la préfecture de la Vakaga, de nouvelles informations faisant état d’un regroupement de combattants armés à proximité de cette localité frontalière du Soudan ravivent les inquiétudes. Face à cette menace rapportée, les Forces armées centrafricaines, appuyées par leurs alliés russes, auraient renforcé leur présence dans la zone. Les autorités veulent ainsi prévenir une nouvelle offensive et rassurer les populations.
La situation sécuritaire dans l’extrême nord-est de la République centrafricaine demeure sous surveillance. Selon des informations rapportées le 30 septembre, des combattants associés au mouvement de Noureddine Adam se seraient regroupés à plusieurs dizaines de kilomètres d’Am-Dafock, avec l’intention présumée de tenter une nouvelle offensive contre cette ville stratégique de la Vakaga.
Ces informations interviennent quelques mois seulement après l’attaque du 30 juin, qui avait provoqué d’importants mouvements de population et conduit à une intervention des forces présentes dans la région. La MINUSCA avait alors confirmé l’attaque contre Am-Dafock et souligné le rôle de ses équipes dans la protection des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire. Début juillet, les autorités locales avaient également indiqué que les FACA et leurs alliés avaient contribué à rétablir le contrôle de la zone.
Un dispositif renforcé autour d’Am-Dafock
Face aux informations faisant état d’une possible nouvelle menace, le dispositif sécuritaire aurait été renforcé autour de la localité. Patrouilles, collecte de renseignements et pré-positionnement de forces font partie des mesures évoquées pour prévenir toute tentative d’incursion.
Am-Dafock revêt une importance particulière en raison de sa position géographique. Située dans la Vakaga, à proximité de la frontière soudanaise, la ville constitue un point sensible dans une région exposée aux répercussions des conflits et mouvements armés qui traversent les zones frontalières.
L’attaque du 30 juin avait déjà illustré cette vulnérabilité. Les combats avaient entraîné des dégâts et des déplacements de populations. Plusieurs semaines plus tard, le retour progressif de certains habitants avait toutefois été observé, dans un contexte marqué par le renforcement de la présence des FACA et de leurs alliés russes.
Des informations à prendre avec prudence
La perspective d’une nouvelle attaque doit toutefois être distinguée d’un fait établi. À ce stade, les informations faisant état d’un regroupement de combattants à une cinquantaine de kilomètres d’Am-Dafock ne constituent pas, à elles seules, la confirmation d’une offensive imminente.
Le contexte demeure néanmoins sensible. L’attaque de juin avait été attribuée par la MINUSCA à des éléments armés affiliés notamment au FPRC et à d’autres groupes, tandis que certaines sources ont depuis livré des versions divergentes sur l’identité exacte des acteurs impliqués.
Cette prudence est d’autant plus nécessaire que plusieurs récits contradictoires circulent autour des événements d’Am-Dafock. La question de l’implication précise de Noureddine Adam et de son mouvement dans l’offensive de juin fait notamment l’objet de versions différentes selon les sources.
Bangui veut éviter un nouveau choc sécuritaire
Pour les autorités centrafricaines, l’enjeu est désormais d’empêcher qu’Am-Dafock ne connaisse un nouvel épisode de violence. Le renforcement du dispositif militaire doit permettre de surveiller les mouvements autour de la ville et de réagir rapidement en cas de menace avérée.
Cette posture s’inscrit dans le discours de fermeté adopté par le président Faustin-Archange Touadéra à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance. Dans son adresse à la Nation, le chef de l’État avait averti qu’aucune incursion ni pression sécuritaire ne ferait reculer la République centrafricaine et annoncé une réponse systématique aux menaces contre le pays.
Sur le terrain, le retour progressif des populations déplacées à Am-Dafock constitue néanmoins un enjeu majeur. Après plusieurs semaines d’incertitude consécutives à l’attaque de juin, la stabilisation de la zone reste étroitement liée à la capacité des forces présentes à prévenir une nouvelle escalade.
Pour l’heure, Bangui veut donc afficher sa vigilance sans céder à l’alarmisme. La surveillance de la Vakaga reste renforcée, tandis que les FACA et leurs alliés russes sont appelés à empêcher qu’Am-Dafock ne redevienne le théâtre d’une nouvelle offensive armée.