
Quelques jours après l’attaque d’Am-Dafock par une coalition de groupes armés, les Forces armées centrafricaines (FACA), appuyées par leurs partenaires russes, ont repris le contrôle de cette localité stratégique de la préfecture de la Vakaga. Si cette offensive rappelle la persistance des défis sécuritaires dans le nord-est du pays, elle intervient dans un contexte où les autorités de Bangui poursuivent une politique de reconquête du territoire, de démantèlement des groupes armés et de consolidation du processus de paix engagé par le président Faustin-Archange Touadéra.
Les Forces armées centrafricaines (FACA), soutenues par leurs alliés russes, ont repris ce dimanche le contrôle de la ville d’Am-Dafock, dans la préfecture de la Vakaga, mettant fin à plusieurs jours d’occupation par des combattants armés venus de la frontière soudanaise. Cette reprise marque une nouvelle étape dans les opérations de sécurisation menées par les autorités centrafricaines dans une région régulièrement exposée aux incursions de groupes rebelles transfrontaliers.
L’attaque contre Am-Dafock, survenue le 30 juin, avait mobilisé plus de 700 combattants affiliés à l’Alliance du Sursaut Patriotique (ASP). Face à l’ampleur de cette offensive, les FACA et leurs partenaires russes avaient livré de violents combats avant de céder temporairement la localité. Les affrontements avaient également affecté une position de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), où trois Casques bleus zambiens avaient été blessés.
Selon plusieurs sources sécuritaires, cette coalition rassemble plusieurs mouvements armés encore actifs, notamment le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dirigé par Noureddine Adam, le Front commun pour le redressement (FCR) conduit par Amadou Danzoumi Yalo, ainsi qu’Aboulkhassim Algoni Tidjani, ancien conseiller du président Faustin-Archange Touadéra. D’autres groupes, dont les Azandé Ani Kpi Gbé (AAKG) et le Front de défense des libertés publiques (FDLP), seraient également associés à cette nouvelle alliance.
Les renseignements disponibles indiquent que l’offensive aurait été préparée depuis le Darfour du Sud, au Soudan, une région sous l’influence des Rapid Support Forces (RSF) dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemeti ». Cette dimension transfrontalière souligne la complexité des défis sécuritaires auxquels fait face la République centrafricaine, confrontée à des groupes armés bénéficiant parfois de relais au-delà de ses frontières.
Malgré cette attaque, les autorités de Bangui considèrent cet épisode comme un défi ponctuel plutôt qu’un renversement de la dynamique sécuritaire observée ces dernières années. Depuis son accession au pouvoir, le président Faustin-Archange Touadéra a fait de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national l’une des priorités de son action. Cette stratégie s’est traduite par le renforcement progressif des capacités des Forces armées centrafricaines, le redéploiement des administrations publiques dans plusieurs régions autrefois sous contrôle rebelle et une coopération militaire renforcée avec les partenaires internationaux.
Parallèlement aux opérations militaires, le chef de l’État a privilégié une approche combinant dialogue politique et réintégration des anciens combattants à travers le processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR). Cette politique a contribué à convaincre plusieurs mouvements armés de rejoindre le processus de paix engagé dans le cadre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR).
Au fil des années, plusieurs groupes, dont l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d’Ali Darass et le mouvement 3R, ont accepté de revenir dans le cadre institutionnel prévu par l’accord de paix. D’autres organisations armées, comme le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), ont vu leur capacité opérationnelle considérablement réduite à la faveur des offensives menées par les FACA.
Le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), en revanche, est resté en marge de cette dynamique, continuant d’entretenir une présence dans certaines zones du nord-est du pays.
Pour les autorités centrafricaines, la reprise rapide d’Am-Dafock illustre la montée en puissance des forces nationales et leur capacité croissante à répondre aux menaces sécuritaires. Si les défis restent nombreux, notamment dans les zones frontalières où circulent des groupes armés et des trafics illicites, Bangui affirme maintenir le cap sur son objectif de restaurer durablement la paix, de sécuriser les populations civiles et de consolider l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
La reconquête d’Am-Dafock apparaît ainsi comme un nouvel épisode d’un processus plus large engagé par le président Faustin-Archange Touadéra, qui vise à tourner définitivement la page des conflits armés grâce à une combinaison d’actions militaires, de dialogue politique et de reconstruction des institutions nationales.